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Un espresso à la mer #4

Il ne restait plus que deux jours à nos jeunes chercheurs d’or pour recueillir les quatre dernières recettes du succès touristique made in Côte d’Azur.
– Deux par jour, un rythme de croisière.
Nève était d’humeur maritime.
Forte chaleur et sensation d’un devoir de vacances quasi accompli leur donnèrent la douce envie de s’accorder une pause. Vamos a la playa. À la Roquille, des transats et des parasols bien ordonnés leur tendaient les mains, Nève et Jibé s’y installèrent tranquillement. Naïvement.
– Demi-journée ou journée ?
Un garçon de plage leur expliqua la vie. C’était donc un lieu privé. Pour qui vient du Vercors, les codes de la mer sont nébuleux. Le sable était à peu près le même qu’à vingt mètres de là, mieux ratissé sans doute ; la mer identique, moins d’algues peut-être ; la vue similaire quoique plus dégagée. De maigres différences mais la sensation de s’isoler du peuple justifiait la note. Nève et Jibé n’avaient pas pris d’argent, c’est d’usage pour se baigner, alors ils se décalèrent vingt mètres plus à gauche, en terre de gratuité. La mer l’a bien compris, la raison du plus que l’autre est toujours la meilleure. Plage publique ou plage privée, l’Homme se rue sur la sélecte parce qu’il le vaut bien. Signes d’appartenance et d’ascension sociale, rien de mieux que les vacances à longues journées visibles pour rappeler son rang. Nève que son École de Commerce avait déjà bien abimée, reçut ce constat en évidence : en montagne,

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