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Un espresso à la mer #3

Le matin du troisième jour, Nève et Jibé sont retournés sur le port.
Un attroupement les intrigua et, suite logique de la curiosité, les attira. Des touristes de tous âges et de tous horizons accueillaient le retour des pêcheurs, fourbus, les caisses remplies de merlus et de travail.
Les uns étaient heureux qu’on mesurât la pénibilité de leur labeur, les autres d’avoir pris deux semaines de vacances. C’est ainsi, le vacancier aime s’imprégner du mode de vie local et être le témoin des activités autochtones ; chaque matin, au port, le jour ouvré se lève et voir les autres travailler décuple son bonheur d’en être dispensé.
Jibé, bien au fait de sa mission, fit immédiatement le parallèle avec nos montagnes, ça devenait chez lui un automatisme. Que font nos actifs l’été en montagne ? Les bergers se carapatent dès juin dans les alpages, cachés du monde et ne redescendront leur béret qu’à l’automne, le touriste rentré chez lui depuis longtemps. La traite des chèvres et autres vaches à des heures de marche contre une criée à deux pas du café, le choix du touriste est vite consommé. Et nos guides alors ? De haute montagne comme leur nom l’indique. Ils œuvrent loin, haut, de nuit quand les moniteurs planchent à voile en pleine lumière. Décidément, aller vers le sud, c’est prendre une leçon de professionnalisme.
– Nève, le problème chez nous, c’est que l’on travaille sans que ça se sache. Au loin.
– Et alors ?
– Alors, ça

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