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Tu as quelque chose à me dire ?

Avez-vous déjà entendu ce drôle de bruit ?
Au début d’une course en montagne, un peu avant ou un peu pendant. Souvent, autour d’une ascension importante à nos yeux, comme c’est bizarre.
Il se passe des choses. Un réveil qui ne sonne pas, un pneu qui crève, une approche où l’on se paume un peu, une lanière de crampon qui casse, nette. La plupart du temps, on s’en moque, ce ne sont que les virgules du jour, un murmure qu’on ignore, de l’habituel qu’on enjambe. À peine, ces contretemps nous crispent-t-il. Quelques jurons et ça repart.
D’autres fois, on ne saurait dire pourquoi, sans doute l’humeur de notre vie et la géographie de l’instant, on se met à les entendre, à les écouter même. Ces trucs deviennent des signes ; de négligeables ils se font perceptibles et l’on se met à imaginer qu’ils ont quelque chose à nous dire. Alors on écoute, on observe, on hume l’air du jour. Des pierres qui tombent au loin ou un sérac. Un ciel qui s’assombrit, un vent qui se lève. Une poche à eau qui fuit. Un genou qui couine. Notre matériel, la nature ou notre corps, ils sont plusieurs à vouloir nous parler. Et l’idée commence à faire son chemin, celle du demi-tour.
Si l’on se met à être sensible, alors on se surprend à en repérer partout, tout le temps. Chaque mouvement du monde devient un message ; le pied ripe, le nuage gronde, le lacet se défait. Nous voici

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