MOBILES
C’est une question qu’on nous pose souvent. Et que l’on se pose parfois. « Pourquoi je vais en montagne ? » Il y a du social, il y a de l’intime dans ce point d’interrogation. Certains disent qu’ils ont la réponse, certains qu’ils ne s’interrogent pas, d’autres qu’ils cherchent encore le mobile, ce drôle de mot qui dit la raison, l’impulsion autant que le mouvement.

Mobile :
1. Adjectif. Qui peut se mouvoir.
2. Nom. Motif qui pousse à agir.

Stéphane Benoist

C’est une question que je me posais encore tout récemment.
C’était à Kandersteg on marchait de nuit, 05h15 du matin, 2 heures de montée en perspective, brouillard, petite neige et -10°. L’objectif, essayer une cascade en grade 7 présentant une double fissure… Pourtant maître Yoda l’a dit il y a longtemps dans un futur à déterminer prochainement : « N’essaye pas ! Fais-le ou ne le fais pas…  » Bon on l’a fait, maître Yoda a-t-il raison pour autant !?

Le bonheur immense, véritable sensation chimique que j’ai senti diffuser dans mon corps en réussissant LA longueur, le plaisir d’être coaché par un plus jeune mais encore plus expert que moi. Tous ces éléments dessinent une réponse : la chance de partager des instants exceptionnels !

Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle ! Je ne conseille à personne de suivre ce chemin, la passion se vit pleinement et simplement, en revanche j’espère avoir encore longtemps le besoin de m’inscrire dans les pas de cette citation de Paulo Coelho !

 

Dans la longueur clef de Beta Block Super, au Breitwangflue près de Kandersteg.

Seul compte l’instant présent, trouver le passage, se faire précis et léger malgré les bras lourds… En état de concentration totale, c’est en moi-même que je m’extraie de l’univers de glace verticale et de l’ambiance austère créée par ce jour à la météo maussade.

© Fanny Tomasi-Schmutz