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Difficile, voire impossible, de maîtriser la peur du vide sans identifier et traiter ses racines, qu’elles soient physiologiques, psychologiques ou même philosophiques. Elles sont en effet multiples, profondes, mais aussi bien peu apparentes. Explications. 

Progrès et civilisation aidant, voilà des millénaires que l’Homme a favorisé la vision au détriment des autres sens, comme l’odorat et l’ouïe, mais aussi de la proprioception, dégradant ainsi à la fois notre agilité et notre stabilité. Il suffit pour vous en convaincre de vous placer face à une pente un peu raide et réaliser ce simple exercice : écartez les bras et levez une jambe à 90°. Faites alors des rotations du buste et du bassin. Facile ! Fermez maintenant un œil et faites le même exercice. Moins facile. Les deux yeux fermés. Nettement plus difficile…
Cette difficulté à conserver notre équilibre — et le manque de confiance qui en résulte —est une cause importante de la peur du vide.

Même s’il regarde par le hublot, le passager d’un avion de ligne volant à onze mille mètres, ne ressent aucune peur du vide, tout comme, une fois en vol, le pilote de delta ou le parapentiste. Tous évoluent, en effet, dans un ensemble visuel doté d’un repère proche et stable : la cabine de l’avion, le trapèze du delta, la sellette et les suspentes du parapente. Ce repère, stable et proche, disparaît dès lors que l’on approche le bord d’une falaise sans aspérité ni arbre pour arrêter notre regard, ou lorsqu’en grimpant nos yeux

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