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Peur du vide : l’imagination toujours plus forte que la raison

Nouveau venu parmi les éditorialistes d’Alpine Mag, Gérard Guerrier introduit une notion qu’il connait bien. En nous rappelant combien la peur est irrationnelle, il en vient aussi à une conclusion pour le moins étonnante. A vous de juger, sans rater la suite à venir, dans 15 jours !

La peur du vide — à ne pas confondre avec le vertige, un trouble physiologique plutôt rare — est essentielle à notre survie car elle nous avertit et nous protège des risques de chute. Mais, tout à la fois, émotion, fruit de notre imagination et dérèglement de la raison, elle peut nous handicaper sérieusement, en particulier lors de nos pratiques montagnardes : alpinisme, vol libre, VTT, etc.

J’ai eu ainsi tout le temps d’observer les bizarreries de la peur du vide, alors que je pratiquais le vol libre avec passion.

©Ulysse Lefebvre

Si je prenais un plaisir intense à décoller d’une pente herbeuse, je n’ai jamais pu me débarrasser de cette peur même après plusieurs centaines heures de vol, lorsque je décollais d’un tremplin. Presque quarante ans après, je me rappelle encore l’émotion qui me tenaillait lors de mon premier grand vol. Accroché à mon aile, tripes nouées, bouche sèche et mains moites, je me suis approché à tous petits pas, du rebord du terrible tremplin de Saint-Hilaire, surplombant la vallée de 800 mètres, où un camarade avisé avait écrit : « êtes-vous bien accroché ? »… avant de surmonter cette peur et courir dans le vide à la manière de

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