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Nul ne sait encore à quoi va ressembler le monde d’après le 11 mai, celui de la montagne non plus. Les syndicats des professionnels de la montagne, SIM-CFDT et SNGM, ont chacun pris le taureau par les cornes, en étant force de proposition et en travaillant avec les autorités ou les élus pour que l’activité professionnelle des guides et moniteurs puisse reprendre. Les enjeux sont de taille, que ce soit pour la saison d’été, l’économie de montagne ou… les amateurs.

Le Syndicat Interprofessionnel de la Montagne (SIM) a dégainé le premier. Le 19 avril dernier, il rendait publiques ses propositions de plan de déconfinement des sports de montagne. En préambule, le SIM a choisi le verre à moitié plein, en rappelant, d’une part, que la pratique sportive régulière est un enjeu de santé publique, et d’autre part, que les activités de montagne constituent un secteur touristique et économique essentiel. Ces derniers jours, de nombreuses voix parmi les professionnels de la montagne – guides, BE escalade et canyon – s’élèvent pour demander une reprise de l’activité. Alors que chaque ministère doit présenter sous peu son plan d’actions pour le déconfinement, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a douché les enthousiasmes en assénant, le 21 avril, que « le sport n’était pas prioritaire », un raccourci malheureux semble-t-il puisque devant l’incompréhension suscitée par ses propos elle a rétropédalé en affirmant le 23 avril que « la reprise du sport est un sujet majeur« . Qu’en sera-t-il pour les activités montagne, dont les fédérations sont elles-mêmes des poids plumes par rapport aux autres sports et à l’enjeu du sport en milieu scolaire ?

Les propositions du SIM-CFDT : entraînement et pros d’abord

Représentant une partie minoritaire des guides, mais rassemblant plusieurs métiers d’éducateur sportif en milieu naturel (BE escalade, canyon, kayak, etc), le SIM (700 adhérents) est affilié à la CFDT, et co-signe ce plan avec l’Union Nationale des Accompagnateurs en Montagne (300 adhérents), et l’Association Professionnelle Sport et Outdoor (APSO, 3000 adhérents). Que proposent-ils ? Tout d’abord, et le SIM ne s’en cache pas, l’idée est d’autoriser « dès à présent » les éducateurs sportifs à s’entraîner sur leurs terrains naturels, « sur présentation de leur carte professionnelle ». Il s’agit, pour Yannick Vallençant, président du SIM joint par téléphone, de « permettre aux éducateurs sportifs professionnels, guides entre autres, de pouvoir redémarrer leur activité après le 11 mai avec une forme physique essentielle en termes de pratique en toute sécurité ». Pour la pratique amateur, autrement dit celle de tout le monde, le SIM préconise, à partir du 11 mai, d’autoriser « la pratique des sports et activités de plein air à risque faible ou modéré, par exemple la randonnée pédestre, équestre, cycliste, cyclotouriste, course à pied, escalade en site sportif » et sous conditions d’une pratique individuelle ou réduite à « un petit groupe issu d’un même foyer de confinement ou formé de partenaires réguliers en nombre limité ». 

Les axes de travail du SNGM : TIG, école et progressivité

Président du SNGM, syndicat national des guides de haute montagne (1500 adhérents), Christian Jacquier tient à distinguer les trois périodes qui nous attendent, comme il nous l’a détaillé par téléphone. Le SNGM a fait des propositions dont certaines sont d’ores et déjà effectives et en place. Il a proposé d’une part, le travail rémunéré de sécurisation ou de développement de sites d’activités sportives (sentiers, parcours aventure, école d’escalade), et d’autre part, la participation à des missions d’intérêt général. « Dans la mesure où les guides qui en font la demande ont pu bénéficier du Fonds de Solidarité mis en place par le gouvernement, nous estimons d’autant plus devoir effectuer des travaux d’intérêt général pour la collectivité ». (…)

Lors d’une importante réunion le 22 avril, le SNGM a pu apporter d’autres propositions concrètes à la commission Tourisme de l’Assemblée nationale, commission présidée par le député de Haute-Savoie Vincent Rolland et la députée de Savoie Frédérique Lardet. Une piste particulièrement bien reçue est celle de proposer, suivant l’idée du ministre de l’Éducation, M. Blanquer, que les guides du SNGM puissent encadrer des scolaires alors que le ministère cherche des solutions pour séparer les classes en deux groupes en alternance.  (…)

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