Piolets d’Or : s’ouvrir ou disparaître ?

30 ans et toujours à la pointe ? 2/2

Les Piolets d’Or tels que nous les connaissons auraient-ils vécu ? Que faut-il encore conserver de l’idée si l’on veut continuer de récompenser une réalisation en montagne ? Que reste-t-il effectivement de l’esprit des Piolets d’Or, concrètement aujourd’hui ? Il y a de quoi se faire des nœuds à la tête mais une chose est sûre, Les Piolets d’Or ne sont pas morts, mais ont besoin de s’ouvrir au-delà du cercle de plus en plus étroit des initiés.

On pourrait croire que les Piolets d’Or sont coincés entre le passé et le présent. Un passé que l’on reconnaît à ses aventuriers et explorateurs. Le naturalisme ayant fait son œuvre, les alpinistes se rêvent-ils encore découvreur de la quinzième montagne de plus de 8 000 mètres ? Bien sûr que non, mais à l’heure de la bientôt complète numérisation de la Terre, l’esprit d’aventure peut sembler sur le déclin. Mais les Piolets d’Or sont aussi là pour nous prouver le contraire, l’événement revendique la mise en lumière d’ascensions remarquables mais quasiment non-médiatisées. Les deux Piolets d’Or 2021 en sont le parfait exemple.

Tout d’abord, les Français Welfringer et Fine, qui réévaluent et recomposent leur équipe seulement quelques semaines avant le départ vers une face dont ils n’ont même pas une photo. Puis la cordée américano-écossaise, qui se rencontre dans un bar et décide de se lancer dans une face sans en connaître les conditions. Plus fort, Uisdean Hawthorn, l’Écossais, ne verra de ses propres yeux la face qu’à leur

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