Piolets d’Or 2022 : un millésime très corsé

Révélations sur les ascensions primées et témoignages

Piolets d'Or 2022 pour le Saraghrar. Les auteurs Baqar Gelashvili (à gauche) et Archil Badriashvili, sur scène samedi à Briançon. ©Manu Rivaud

Les Piolets d’or 2022 ont offert ce week end à Briançon une belle cérémonie publique, et fêté les plus belles ascensions de l’année précédente. Un millésime, très exigeant, voire « sévère », qui porte au pinacle le style alpin. Alpine style versus Nimsdai style : les Piolets d’Or ont choisi le premier et l’affirment haut et fort. Bienvenue dans les coulisses de ce prestigieux prix international, qui se débat face aux évolutions de l’alpinisme dans le monde et à la guerre à nos portes.

Samedi soir dernier sur la scène du Théâtre de Briançon, les Géorgiens Archil Badriashvili et Baqar Gelashvili sont les premiers alpinistes de la cérémonie à brandir, souriant mais modestement, un Piolet d’Or. Un Piolet d’Or décerné à une première qu’ils ont réussie en 9 jours de septembre 2021 : l’ascension (et la descente) de la face nord-ouest du Saraghrar nord-ouest (7 300 m, Pakistan), sommet de l’Hindou Kouch demeuré vierge jusqu’alors.

Badriashvili et Gelashvili (qui faisaient équipe avec Giorgi Tepnadze, non présent à Briançon, ndlr) sont applaudis longuement par les 500 personnes qui font salle comble. Parmi elles une foule de passionnés d’alpinisme, les élus locaux hôtes de l’événement mais aussi la ministre de la culture et des sports en Géorgie, Tea Tsouloukiani. Ce succès géorgien est inédit, et « l’archétype d’un Piolet d’or moderne », témoigne l’himalayiste Patrick Wagnon, seul membre du jury présent et lui même sélectionné en 2005 pour une ascension du Chomo Lonzo (7 540 m) au Tibet.

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