On pourrait croire que Kacper Kowalski appartient à la vieille école. Et pour cause, le photographe polonais prend des photos aériennes sans manette de drone en main, sans envoyer d’engins en l’air ou en gardant les pieds sur terre. C’est juste que l’artiste est aussi parapentiste et pilote d’autogire ; vous savez, ce petit engin volant ressemblant comme deux gouttes d’eau à un hélicoptère, mais qui dispose de deux hélices (l’une horizontale, l’autre verticale) pour voler et avancer. Autant dire qu’il va chercher lui-même ses points de vue, ses angles de shoot, ses cadrages en plein ciel. Architecte de formation, avec rien moins que trois World Press photos en poche, il ne peut s’empêcher de trouver un ordre géométrique dans la nature qu’il capture avec son appareil photo. « Peu après que la neige soit tombée, quand les nuages ne se sont pas encore retirés, le monde n’appartient pas aux hommes. Quand je vole au dessus de ce no man’s land, j’ai l’impression d’observer une planète inconnue. Je ne peux distinguer aucune trace de vie, ni aucun signe de présence humaine. Je regarde autour de moi, à la recherche du moindre indice. »

 

On est bien loin de la photo d’action en immersion, plus proche d’une photographie de paysage au grand angle, façon orthophoto IGN. Parmi ses références, le photographe cite Edward Burtynsky, Georg Rester ou encore Yann Arthus-Bertrand. Sa série Over est prise au-dessus des montagnes polonaises, mais, et c’est là qu’il fait mouche, le photographe parvient à nous emmener dans un monde, une abstraction, qui pourrait tout aussi bien être celui d’un polonais, d’un français ou d’un japonais. Avec la neige comme matériau principal, et toujours des traces de présence humaine quasi invisibles. Ouvrez les yeux…

Over, par Kacper Kowalski. Exposition à la Photo12 Gallerie, 10 et 14, rue des Jardins Saint-Paul 75004 Paris,  jusqu’au 20 janvier 2018.

 

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