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La Pierra Menta est un monument dans le monde de la course de ski-alpinisme. Evènement populaire, elle mêle la liesse des supporters à l’effort de ses coureurs, demi-dieux d’une arène à ciel ouvert. Retour sur la 33e course du panthéon arêchois.

Il est tôt. Les yeux collent encore mais déjà, les files de supporters de la première heure, passionnés de déniv’ par heure et autres copains de coureurs, montent en chapelets, zigzags processionnels des adorateurs du dieu Collant et de sa déesse Pipette.

Parmi les géants de la mythologie arêchoise, trône en bonne place William Bon Mardion, dont le quotidien se partage entre l’entraînement, deux enfants et le Beaufort qu’il faut tourner sans arrêt. 1m86 pour 82kg de puissance. Et des skis de 65mm au patin, comme tout le monde.

L’espagnole Mireia Miro courait cette année avec Marta Garcia Farres. Troisièmes au classement général, elles terminent avec plus d’une heure de retard sur les intouchables Axelle Mollaret et Katia Tomatis. Un écart qui en dit long sur la forme olympique de la française depuis ce début de saison.

Les orgies de la Pierra se déclinent à toutes les sauces. Et jamais ses adeptes ne souffrent de déshydratation, avec une certaine conception de la diététique du sportif. Côté motivation, le public est souvent aussi déterminé que les coureurs eux-mêmes…

Il n’est pas toujours aisé pour les dieux de descendre d’Olympe. Surtout avec des allumettes en carton ou en carbone.

Il arrive que les Dieux se rencontrent et se confrontent. Maître du dernier UTMB, et de deux autres encore, François d’Haene aime aussi se frotter à d’autres bacchanales que celles de la vadrouille chamoniarde. Le trailer-vigneron en connaît un rayon. Et à la Pierra Menta 2018, il termine 12e avec Alexis Traub.

Remontes-pente. Selon ses ambitions, chacun trouve un moyen de s’élever, en comptant sur le gros moteur de son compagnon de course ou celui du TSD Grand-Mont.
S’il en bien un qui peut mettre tout le monde d’accord, c’est Kilian Jornet. Triple vainqueur de l’UTMB et de dizaines d’autres courses de trail, quadruple vainqueur de la Pierra Menta, le catalan impose un véritable monothéisme dans le trail et le ski-alpi. Tout le monde croit en lui. Au 4e jour de course, il mène et tient la victoire du bout des doigts, jusque l’avant-dernière descente…
Déesse elle aussi incontestée du ski-alpinisme, Laetitia Roux gagne tout, et notamment les championnats du monde…17 fois. Cette saison est difficile pour elle, pour raisons de santé. Pourtant, là où tous les autres arrivent la bave aux lèvres et à moitié voutés par l’effort d’une raide montée, la skieuse haut-alpine garde sourire et décontraction. Elle termine seconde avec Emelie Forsberg.

Cette photo a été prise par Julien Priol. Il est le gagnant de notre concours de photos sur Instagram #pierralpine. L’image montre la situation inédite d’un coureur, Jakob Herrmann, portant skis et bâtons de son binôme dans les dernièrs kilomètres de course, au 3e passage sur le plateau du Cuvy. Car un géant est tombé. Dans l’avant-dernière descente, Kilian Jornet chute et se brise le péroné. La victoire s’envole. Derrière, William Bon Mardion et Xavier Gachet remportent l’étape. Les italiens Michele Boscacci et Robert Antonioli gagnent cette 33e Pierra Menta.