Pierra Menta 2026 : une première étape très disputée dans des conditions difficiles

Margot Ravinel et Emily Harrop, premières féminines de la première étape de la Pierra Menta. ©JC

À Arêches-Beaufort, la 40ème Pierra Menta a démarré sur un rythme effréné ce mercredi 11 mars : au terme d’une première étape nerveuse et très technique (18 manip’), les duos français Emily Harrop/Margot Ravinel et Samuel Equy/Anselme Damevin passent la ligne d’arrivée les premiers, lançant une édition déjà marquée par des duels serrés et un suspense prometteur pour la suite.

Une nouvelle année, une nouvelle édition de la Pierra Menta, course de ski-alpinisme de renom. Au pays du fromage – entendez à Arêches-Beaufort – les athlètes étaient fins prêts (affinés ?) sur la ligne de départ ce matin pour la première étape de cette 40ème « Pier’ », plus motivés que jamais à écrire leurs noms dans l’histoire de cette quarantième édition de la course.

En ce mercredi 11 mars, le stress était présent puisque cette année, la Pierra Menta compte également pour le championnat du monde longue distance (ISMF). C’est donc sur les chapeaux de roues que les duels frano-français se sont élancés et ont animé la journée ! 

La Pierra Menta, c’est 300 bénévoles. ©Jocelyn Chavy

Au centre, le duo gagnant de cette 1ère étape. Pierra Menta 2026. ©JC

Le départ de la première étape de la Pierra Menta. ©Jocelyn Chavy

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Le duo Emily Harrop/Margot Ravinel en grande forme

Commençons par les femmes : l’équipe constituée d’Emily Harrop et de Margot Ravinel, toutes deux athlètes olympiques, est arrivée première en 2h57’48’’. 9 secondes derrière, le duo Axelle Gachet-Mollaret (6 victoires au compteur), accompagnée de Célia Périllat Pessey ont passé la ligne, suivies des transalpines Alba De Silvestro et Lisa Moreschini (à 9 minutes 35 des Françaises).

Une première étape très rythmée qui comptait au total 18 manip’ (retrait et remise des peaux, portage des skis…), étalées sur 2500 mètres de dénivelé et 16 km. Un profil particulier qui ne laissait que peu d’espace pour creuser de réels écarts. C’est ce qui a bénéficié au duo olympique, très au point sur ces changements. C’est d’ailleurs sur la dernière manip’ de la journée qu’elles ont doublé Axelle et Célia. D’un retard cumulé de 1’30 à mi-course, elles sont revenues progressivement jusqu’à porter l’estocade sur l’ultime « manip’ ».

William Bon Mardion, toujours fidèle à la Pierre, et toujours dans les premiers ©JC

18 manip pour une première étape
très rythmée

Le deuxième duo de la première étape a du mal à digérer sa course : « C’est parti ultra vite, ça m’a mise dans le dur, confie Célia Périllat-Pessey. On avait 1 minute 30 d’avance, on perd tout à la fin, je suis dégoûtée. » Axelle, habituée du coin, temporise : « C’était très serré, on perd quelques secondes, pas de quoi baisser les bras, on verra dans les prochains jours, vivement demain. »

Les deux premières équipes féminines accusent 30 secondes de pénalité chacune sur les manip’, ce qui réduit l’écart avec leurs poursuivantes transalpines. Les gagnantes du jour gardent cependant la tête froide et la motivation et ajoutent que « ça va être un joli fight, ça va être une belle Pierra, très fière de Margot, j’espère que notre prépa’ sprint va nous porter jusqu’à la fin. On les dépasse à la dernière manip’ et on maintient l’écart à la descente… », conclut la championne olympique de Milan-Cortina.

Selon Olivier Mansiot, responsable ISMF pour la FFME, les pénalités nombreuses sont dûs à des mauvaises manips (bâtons pas posés sur le sol lors du rangement des skis sur le sac), et même à quelques manips dangereuses (crampons mal mis).

Chez les hommes, un duel franco-français

Entraînés et motivés eux-aussi, les hommes ont offert un duel franco-français intéressant. Les tenants du titre William Bon-Mardion et Xavier Gachet ont cédé ce 1er « round » pour 18 secondes à leurs rivaux français Samuel Equy et Anselme Damevin (qui ont bouclé l’étape en 2h30’33’’). En embuscade, les Italiens Davide Magnini et William Boffelli ferment la marche 2 minutes 54 plus tard.

Les Beaufortains ont été chahutés sur leurs terres ! Partis très vite, Bon-Mardion et Gachet ont imposé leur rythme jusqu’au sommet de la 2ème bosse du Pas de l’Âne. C’est à la 3ème et ultime difficulté de l’étape, le sommet de la Grande Journée, que Samuel Equy et Anselme Damevin, « le mors aux dents », ont pris la tête pour 30 secondes dans l’ultime couloir du Pas des Vaches. Écart maintenu à la manip’ et surtout à la descente que les Beaufortains – pourtant experts en la matière – ne sont pas parvenus à combler.

c’est la course dont on rêvait : faire armes égales avec les Beaufortains
sur leur territoire. Samuel Equy

Axelle Gachet Mollaret et Célia Perillat Pessey ©JC

Dans le brouillard, Samuel Equy arrive au sommet de la Grande Journée, 1ère étape Pierra Menta 2026. ©JC

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François D’haene et son coéquipier Rémi Bonnet finissent la première étape à la 8ème place. ©JC

La dernière montée. ©JC

L’arrivée. ©JC

« C’est la course dont on rêvait, assure Samuel Equy. Faire armes égales avec les Beaufortains sur leur territoire. On a fait l’écart sur le dernier portage et on est parvenus à maintenir ces quelques secondes d’avance jusqu’à l’arrivée. » De leur côté, ils répondent : « Une belle jeunesse qui se rapproche, confie William. L’étape était très nerveuse, il n’y avait pas beaucoup de place pour faire des écarts. On a encore 3 jours ! »

« On savait que c’étaient nos principaux concurrents, ajoute son coéquipier. On a vu qu’ils avaient envie de pousser dès la 1re montée. On n’a jamais gagné la 1re étape, les autres années, mais c’est une course qui se gagne sur 4 jours. »

La paire franco – suisse composée de François D’Haene et Rémi Bonnet, partie dans le 2e sas, reste dans la course avec un retard de 10 minutes 41’’ et une 8e place au classement. « Ça fait plaisir de courir avec François, la légende de l’ultra-trail, assure le Suisse. On est parti dans le 2e sas mais on a bien rattrapé. Plus ça va aller, plus il sera bien et moi moins, ça va s’équilibrer. »