fbpx
@

L’alpiniste et guide de haute montagne Lise Billon a passé l’été au Pérou avec la grimpeuse Mélissa Le Nevé (première femme à enchaîner Action directe, 9a, en mai 2020) et le photographe Jan Novak. Avant qu’elle ne s’envole à nouveau direction les États-Unis, nous avons pu échanger avec elle sur ce voyage à haute altitude, placé sous le signe de l’amitié et du partage. L’occasion aussi de discuter, entre deux éclats de rire, de la difficulté de trouver des compagnes de cordée quand on est une femme…

Alpine Mag : Tu es rentrée le 3 septembre après plus d’un mois passé au Pérou. Qu’est-ce qui t’a amené là-bas, quel projet avais-tu derrière la tête en partant ?

Lise Billon : À la base, c’est une idée de Mélissa Le Nevé et Jan Novak, qui voulaient repartir au Pérou ensemble. Il faut savoir qu’avec Mel [Mélissa Le Nevé, ndlr], on s’entend très bien, donc on a envie de faire des trucs ensemble en montagne. Le problème, c’est qu’on n’évolue pas du tout sur les mêmes terrains de jeu… Elle, c’est une pure grimpeuse. Moi, je fais de la montagne. L’idée du Pérou était de trouver un terrain d’entente, où l’on puisse toutes les deux s’amuser. Quant à Jan, il allait en profiter pour s’initier à l’alpinisme sur des sommets classiques et faire de belles photos !

Alpine Mag : On a l’habitude de te voir partir en expé, sur de beaux et gros projets, comme l’ascension du Cerro Riso Patron, primée aux Piolets d’or en 2016. Mais on parle moins de ton goût pour la transmission. Tu es notamment coach de l’ENAF, l’Équipe Nationale d’Alpinisme Féminine de la FFME.

Lise Billon : Et je suis récemment rentrée à l’ENSA, en tant que formatrice. C’est quelque chose qui me plaît beaucoup, de transmettre. D’ailleurs, c’était le but de ce voyage au Pérou. Avec Mel, on a énormément appris l’une de l’autre. C’était hyper enrichissant de se pousser mutuellement pour sortir de notre zone de confort et progresser. Moi, j’étais partie pour faire l’athlète (rires) mais quand on était en montagne, je retrouvais mon rôle de guide. J’étais à nouveau dans la transmission car on évoluait dans un milieu qui leur était inconnu : la très haute montagne, avec des bivouacs sur des glaciers, l’altitude à gérer…

Alpine Mag : Avant d’être coach, tu as toi-même été membre de l’ENAF de 2010 à 2012. Est-ce que le fait d’évoluer dans une équipe féminine a changé ta façon de pratiquer la montagne ? Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

. . .

Copy link