Les joies du cairn

Les premières neiges ont fait leur apparition.
Avec elles, cette crainte hivernale : ne plus voir les cairns. Enfouis. Aux enfants sensibles, attristés de ne plus voir leur repère minéral habituel, dites-leur qu’il est allé chercher la chaleur africaine comme la bernache à cou roux et qu’il reviendra aux beaux jours. Après tout, l’hiver est la saison des mensonges et que les pierres voyagent a quelque chose de la poésie.
Il n’empêche, les premiers à avoir eu l’idée du cairn pour s’orienter dans les grands espaces, étaient des visionnaires. Ils ont choisi le rocher comme matière, aujourd’hui les montagnes en distribuent par brassées, il n’y a qu’à se pencher, le cairn est peu menacé d’extinction. L’idée du cairn aurait germé en hiver, de neige et de glace construit, la génération actuelle serait perdue. La montagne se fait doublement complice de leur invention car s’effondrant de toute part, non seulement elle fournit le grain nourricier mais de plus, elle impose l’imagination de nouveaux itinéraires plus sûrs qui réclameront à leur tour d’être balisés par des amas de cailloux, boucle qui s’autoalimente indéfiniment. C’est ingénieux, la pierre est définitivement un placement d’avenir. Créer le mal et sa résolution, c’est à se demander si les laboratoires pharmaceutiques n’y sont pas pour quelque chose dans le réchauffement climatique.
L’admiration pour les pionniers du cairn ne s’arrête pas là.
Les grimpeurs-alpinistes d’autrefois ouvraient des voies et consacraient un peu de leur audacieuse exploration à jalonner d’empilements leur trouvaille afin que nous puissions ensuite en

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