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La montagne n’est pas exclue du champ de la justice. Chaque accident mortel passe sous la loupe d’un officier de police judiciaire, puis sous celle du procureur de la République. La question de la responsabilité va de pair avec la judiciarisation de la société, où le droit répond aux demandes des survivants. « L’acte de juger consiste à déterminer si, à la suite d’un accident mortel en montagne, on poursuivra le guide pour faute », dit Jacques Dallest, mais ceci est valable pour tout responsable de cordée. Écrit avec des professeurs-guides, ce livre éclaire la nature et les contours de la responsabilité de chacun pour l’aider à mieux agir. Et plaide pour un changement de culture en montagne.

Montagne et justice : cela aurait pu être le titre de cet ouvrage écrit à six mains. Ou le procureur et les guides : le premier est Jacques Dallest, procureur général de Grenoble, les seconds sont Erik Decamp, ancien professeur-guide, et Alexis Mallon, professeur-guide à l’ENSA. Jacques Dallest, dans son prologue, rappelle qu’à la démocratisation des sports de montagne – disons depuis les années 70 – répond une certaine judiciarisation croissante de la société, dans tous les domaines. La montagne n’y échappe point. Espace de liberté revendiqué comme tel, la montagne voit pourtant ses pratiquants se heurter au mur des responsabilités en cas d’accident. Et cela est particulièrement vrai quand un mineur est impliqué, ou quand, et cela arrive, un professionnel est impliqué. « La justice a intérêt à être mieux comprise » revendique Jacques Dallest, et c’est le sens de cet ouvrage, découpé en quatre parties, que de vouloir balayer les cas possibles ou réels dans lesquels la justice intervient dans la sphère montagne. Il s’agit aussi de rapprocher « le guide et le procureur », d’expliquer aux guides quelles est leur responsabilité, dans un contexte de prise de conscience d’une profession où l’accidentologie professionnelle est supérieure en France par rapport à la Suisse, en moyenne.

Guide, polytechnicien, Erik Decamp a été professeur-guide à l’ENSA. Il anime la première partie du livre en rappelant la démarche, simple et claire, qui sous-tend les ateliers justice animés avec Jacques Dallest à l’ENSA : nous voulons moins de morts. Est-ce à dire qu’il faut, avec l’examen et le concours d’une justice éducative, changer de paradigme chez les guides et mettre la sécurité et la culture du retour d’expérience en avant ? La réponse est affirmative, et ce mouvement a depuis été mis en route notamment aux Assises de la sécurité en montagne organisées par le SNGM à Nice en 2018. (…)

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