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Et si le beau l’emportait ?

Au commencement était le montagnard.
Il vaquait sur ou sous les sommets, en quête de cristaux ou de chamois et dans la crainte d’esprits maléfiques. L’alpiniste ensuite est apparu, lui et son envie de gravir les montagnes sans nécessairement se charger d’un prétexte pour le faire.
Puis le Big bang a fait son œuvre, déclinant la mosaïque des pratiques telle qu’on la vit aujourd’hui. Façon puzzle. Une foule de jouets, de jeux, de joueurs : on grimpe, on glisse, on court, on vole. Et on n’a encore rien vu. Des générations de pourquoi pas vont se succéder, qui sait à quoi il jouera dans dix ans là-haut ? Au sein même d’une pratique, des sous ensembles ont vu le jour. Grimper en libre n’est qu’un lointain cousin de l’artif, l’amoureux du calcaire peine dans le granite, le skieur-alpiniste ne se reconnaît pas dans les gros patins du freerider, l’himalayiste au style alpin et l’himalayiste à corde fixe n’ont pas grand chose à se dire, quelques noms d’oiseau, parfois, BASE jumpers et wingsuiters s’aiment bien quand même.
Comme pour toutes les choses de la vie, c’est l’histoire du verre à moitié. Soit on se réjouit de cette richesse, née de l’inventivité des Hommes, de cette montagne qui ouvre grand ses portes à la variété des jeux et à la diversité de ses acteurs. Soit on s’inquiète de la dérive des niches, cette drôle de danse où chacune des microdisciplines souhaite imposer sa légitimité aux autres, surtout à la voisine,

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