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La face nord de l’Eiger est incontestablement une des plus difficiles et dangereuses d’Europe, écrivait Pierre Mazeaud qui s’y connaissait en la matière. Léo Billon (membre du Groupe Militaire de haute Montagne) Sébastien Ratel (ex-GMHM) et Benjamin Védrines viennent de signer une rare répétition de la Directissime Harlin à l’Eiger. L’hiver 1966, cette ascension fut l’objet d’une âpre compétition entre deux équipes, l’une anglo-américaine, l’autre allemande. Ce siège inhumain d’un mois en plein hiver a coûté la vie à celui qui a longtemps rêvé de cette directissime, l’américain John Harlin. Voici l’histoire de cette dramatique ascension.

A l’heure où les modèles météo permettent de voir les créneaux de beau temps plusieurs jours à l’avance avec une précision redoutable, il paraît inimaginable de penser que des alpinistes ont pu se lancer dans une telle paroi en n’attendant que la fin de la dernière chute de neige. Pourtant, c’est ce que firent les deux équipes. D’un côté, l’énergique John Harlin, ancien pilote de chasse, a fait ses classes au Yosemite : avec Royal Robbins ou Gary Hemming, ils redéfinissent les standards alpins en ouvrant les voies les plus dures du moment, Directe américaine en face ouest des Drus (1962), face sud du Fou (1963), et enfin Directissime américaine toujours aux Drus (1965). La même année que la Directe, John Harlin fait la première américaine de la face nord de l’Eiger – par la voie Heckmair. Il s’établit avec femme et enfants à Leysin, où il ouvre en 1964 une école

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