fbpx
@

À la fin de l’été 2019, les alpinistes italiens Alessandro Baù, Claudio Migliorini et Nicola Tondini ont achevé un nouvel itinéraire appelé Space Vertigo sur la Cima Ovest di Lavaredo, aux Tre Cime di Lavaredo, dans les Dolomites. En septembre 2020, ils enchaînaient l’intégralité de la voie en libre, une voie extrêmement soutenue affichant pas moins de 6 longueurs flirtant avec le huitième degré.

C’est une aventure qui a commencé en 2016 : Alessandro Baù, Claudio Migliorini et Nicola Tondini débutent alors les premières longueurs, du bas. Les trois grimpeurs ont fait le choix de ne grimper qu’avec des coinceurs à câble, des coinceurs mécaniques, des tricams et des pitons. Seuls les relais ont été équipés de spits. L’itinéraire emprunte une ligne totalement indépendante à droite de la voie Couzy (ouverte par Desmaison et Mazeaud en 1959, A1/A2, libérée par Mauro Bubu Bole en 1999, 8b) et le reste jusqu’au sommet, à l’exception d’un relais partagé avec Alpenliebe (Astner-Hainz 1998, 7c max).

Space Vertigo a été grimpée en escalade libre uniquement, sans passage d’artificielle, et suit une ligne logique à travers les dévers de la partie gauche de la face. Pour ses auteurs, le nom de la voie rappelle la formidable exposition qui caractérise l’itinéraire.

Au relais dans Space Vertigo. ©Giovani Danieli

Space Vertigo, L9 et le Space Camp plein gaz ! ©Gabriele Donati

 

Au début de l’été 2020, les trois grimpeurs ont travaillé quelques longueurs de Space Vertigo, dans l’optique de préparer l’enchaînement en libre de toutes les longueurs. Le 9 septembre, après avoir hissé leurs sacs et deux portaledges au milieu de la partie dure de la voie («le mur jaune surplombant»), ils sont revenus dans la voie pour libérer toutes les longueurs

Le début s’est avéré bien plus difficile que prévu, en raison de l’humidité et du manque total d’adhérence. A la fin de la première journée, ils n’avaient libéré que les trois premières longueurs au lieu des six escomptées. Au lieu de dormir sur les portaledges, ils sont retournés au sol et sont repartis tôt le lendemain matin, remontant les cordes fixes avant de continuer la section la plus dure au cours des deux jours suivants. En début d’après-midi, le quatrième jour, ils ont atteint le sommet ; chaque longueur a été libérée par au moins un des trois grimpeurs, guides de profession.

Space Vertigo, L7. ©Giovanni Danieli

Les principales caractéristiques de cette voie sont ses difficultés soutenues, et une escalade obligatoire difficile. Bien que les cotations soient à confirmer, les auteurs de la voie indiquent que le crux est une longueur en traversée, cotée IX + / X- (UIAA, soit 8a). Cinq longueurs sont cotées IX / IX+ (UIAA, soit 7c ou 7c+), et huit autres longueurs sont cotées VIII + / IX- (UIAA, soit 7a+ à 7b) tandis que les sept autres longueurs sont plus faciles avec des difficultés classiques. (voir les cotations par longueur ci-dessous).

Autant dire que Space Vertigo se présente comme une voie extrêmement soutenue, même si la Cima Ovest recèle des voies encore plus extrêmes à droite (comme Bellavista, 8c, et Pan Aroma, 8c, d’Alexander Huber). Space Vertigo s’inscrit dans une éthique stricte, aussi bien à l’ouverture, qu’en ce qui concerne l’équipement puisque seuls les relais sont spités. Les Dolomites et particulièrement les tre Cime restent une valeur sûre de l’escalade moderne !

Au sommet, Alessandro Bau et ses compagnons Claudio Migliorini et Nicolas Tondini. ©Matteo Pavana

Le tracé de la voie Space Vertigo :

La Cima Ovest di Lavaredo. En rouge : Space Vertigo. En bleu : voie Couzy. En vert : Alpenliebe. En orange : voie italo-suisse

Les cotations longueur par longueur de Space Vertigo :

1) VII+(6b+/6c) 2) IX+ (7c+) 3) IX (7c) 4) IX+/X- (8a) 5) IX (7c) 6) VIII+/IX- (7b) 7) IX (7c) 8) VIII+/IX- (7b) 9) IX- (7b+) 10) VIII+ (7a+) 11) VIII+ (7a+) 12) IX (7c) 13) IX- (7b+) 14) VIII+ (7a+) 15) V+ (5a) 16) VI (5c) 17) VI (5c) 18) VI+ (6a) 19) VIII+ (7a+) 20) VI (5c) (21) IV+ (4a)

Copy link