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Disparition de Pierre Lesueur

Un métallo parisien au sommet des Drus et de l'Aconcagua

Pierre Lesueur en charentaises au camp de base de l'Aconcagua.

Il était de la deuxième génération des Parisiens grimpeurs, dans la lignée de Pierre Allain. Pierre Lesueur avait décidé de bousculer son destin d’ouvrier pour devenir alpiniste. Avec son frère Henri, il ouvre la face Nord du Grand Dru à Chamonix en 1952, avant de réussir deux ans plus tard la première de la face Sud de l’Aconcagua avec Robert Paragot, entre autres. Mais son retour d’Argentine avec de graves gelures aux pieds l’empêchera de faire la carrière de guide dont il rêvait. Pierre Lesueur s’est éteint il y a deux jours à l’âge de 94 ans.

Il se passe de drôles de choses, la nuit, dans les usines de la banlieue parisienne. En ce début des années 1950, Pierre Lesueur exerce le métier d’ajusteur, comme son père et son grand-père… Mais pour lui, limer des pièces de métal est loin d’être une vocation. Heureusement, « Lafleur » s’est trouvé un loisir qui élargit son horizon : l’escalade. Après quelques week-ends passés à s’acharner sur les rochers de la forêt de Fontainebleau, il  décide de s’équiper pour la haute-montagne. Pendant son service nocturne, où il n’est visiblement pas débordé de travail, il fabrique des pitons en acier. Ils sont un peu lourds mais indispensables pour pouvoir s’élancer dans les aiguilles de Chamonix, objectifs suprêmes de ses quinze jours de vacances annuels. A l’été 1950, avec son copain Robert Paragot, il s’adjuge quelques beaux morceaux : Grépon-Mer de Glace, face Est du Moine et face Nord des Drus par