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Dans un contexte de réchauffement climatique global, les habitants des vallées montagnardes tirent la sonnette d’alarme. Sous l’impulsion du Collectif Fiers-Aravis, épaulé par Mountain Wilderness, un mouvement d’ampleur prend position contre des projets d’aménagement en montagne. Initié au Grand Bornand, il s’étend aussi à la Maurienne qui verra se rassembler les montagnards en un coeur géant sur la pointe d’Émy le 8 février prochain. Partout, des voix s’élèvent contre l’extension des domaines skiables et des projets immobiliers, et pour des actions plus réfléchies en matière de tourisme en montagne.

Souvenez-vous : en 2016, près de 600 personnes passionnées de montagne s’étaient rassemblées pour protester contre le projet d’extension de la station de Chamrousse, et la construction d’un télésiège dans la combe des Vans. Une mobilisation d’ampleur qui avait fait mouche, puisque Chamrousse avait dû abandonner son projet. En 2020, la mobilisation continue un peu plus au Nord pour les associations de défense de l’environnement. Le 2 février dernier devait se tenir un rassemblement montagnard sur le plateau de la Joyère au Grand Bornand (Haute-Savoie) pour protester contre les extensions des domaines skiables prévus par les Schémas de cohérence territoriale (SCoT), mais la météo semble en avoir décidé autrement. Qu’à cela ne tienne, et puisque les espaces naturels impactés par les ScoT sont, hélas, multiples, autant faire d’une pierre deux coups. Le collectif Fier-Aravis, en collaboration avec Mountain Wilderness, ainsi que les associations La HardeVivre et Agir en MauriennePacte d’Avenir Citoyen de Tarentaise, et Protégeons La Joyère conjuguent leurs forces et invitent tout le monde sans exception à venir participer à la défense de la montagne le 8 Février. Comme sur les Vans en 2016, l’objectif est de former tous ensemble un cœur géant dans la lignée des 600 cœurs à l’unisson pour la préservation des montagnes sauvages. Une action choc et efficace la dernière fois, puisque Chamrousse avait dû abandonner ses projets d’extension de son domaine skiable. Aujourd’hui l’opinion publique questionne le ski à tout prix face au défi climatique, et face aux abus de certaines stations. Cette fois, sur la pointe d’Émy, le projet ne touche pourtant pas qu’un seul domaine – en l’occurence les Karellis – et les travaux envisagés par le SCoT sont bien plus ambitieux, d’où une mobilisation inédite inter-collectifs et surtout inter-vallées. Explications de Marion Moenne-Loccoz, co-fondatrice du collectif Fier-Aravis.

ALPINE MAG : Quels sont les origines de la mobilisation ?

Marion Moenne-Loccoz : « Cette mobilisation est avant tout une initiative citoyenne, à la demande d’habitants du Grand-Bornand, pour informer la population et combattre ce qu’on appelle dans le jargon politique les Unités Nouvelles Touristiques (UTN). Sous cet acronyme policé se cache une réalité bien visible puisqu’on parle ici des travaux d’extensions des stations de ski. Les terrassements pour renouveler les pistes ou en construire de nouvelles, l’ajout de remontées mécaniques ou de nouvelles infrastructures touristiques au cœur de la montagne, dans des endroits parfois encore totalement sauvages comme sur le versant Est du mont Lachat au Grand Bornand. En sus, le projet de construire deux énormes complexes Club Med dans des espaces jusque-là vierge d’installations humaines a provoqué une véritable levée de bouclier chez les citoyens. Le nœud du problème vient surtout de l’absence totale de consultations lors de la construction d’un tel projet. (…)

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