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Dans l’ombre de ses voisins le Cervin et la Dent Blanche, la Dent d’Hérens est un 4000 plutôt discret, dissimulé entre Zermatt et Cervinia. Et pourtant il mérite le détour, notamment via son arête de Tiefmatten ! Cette course mixte complète aux difficultés modérées – encore en bonnes conditions le 3 juillet dernier – vous conduira dans l’environnement sauvage de la vallée de la Valpelline, loin des foules des classiques du Valais.

Bien que son nom ait une résonance plutôt suisse, on accède à la Dent d’Hérens par son versant italien et la vallée de la Valpelline. Au départ du barrage de Place Moulin, à une petite heure de route depuis Aoste, nous enfourchons nos VTT avec Charlie pour parcourir les 6 kilomètres de sentier à plat longeant le lac du même nom, jusqu’au départ des lacets menant au refuge Aosta. Une bonne heure de marche économisée et autant au retour !

Nous remontons cette longue vallée, verdoyante, minérale et lumineuse, jusqu’au refuge perché sur la moraine en contrebas du Haut glacier de Tsa de Tsan, qui se situe sur la mythique route Chamonix-Zermatt.

Le cadre et l’accueil de ce refuge ne laissent pas indifférent ! On se sent tout de suite bien ici, que ce soit sur la terrasse pour siroter une “Moretti” ou dans la petite salle à manger, proches de ses voisins de table, à déguster les bonnes pasta de Diego le gardien.

Le long du lac de Place Moulin. ©Antoine Bouvier

Plus rapide à vélo ! ©Antoine Bouvier

Une longue course

Le départ est matinal pour cette longue course. Nous remontons la moraine puis prenons pied sur la partie inférieure du glacier des Grandes Murailles, raide et crevassée, sur les pointes avants des crampons ! Une mise en action qui réveille !

Nous continuons notre ascension sur ce glacier en prenant soin de contourner les ponts de neige, avant de remonter un raide couloir rocheux équipé de chaînes, qui permet de rejoindre le “Tiefmattenjoch” et le début de l’arête Tiefmatten. Une arête rocheuse, globalement en bon rocher, qui se grimpe aisément et principalement sur le fil.

 La Birra Moretti bien méritée ! ©Antoine Bouvier

Le refuge Aosta dans un cadre idyllique. ©Antoine Bouvier

Le glacier des Grandes Murailles. ©Antoine Bouvier

Au début de l’arête Tiefmatten. ©Antoine Bouvier

L’ascension se poursuit dans la face ouest, en neige, avant une dernière partie en mixte, aérienne, qui mène au sommet de la Dent d’Hérens à 4171 mètres. Le panorama est grandiose, sous nos pieds la vertigineuse face nord de la Dent d’un côté et Cervinia de l’autre, tandis que le Cervin est juste là, dressé devant nous, relié à la Dent d’Hérens par une arête de 4 kilomètres.

Dans la face nord-ouest. ©Antoine Bouvier

Charlie surplombe la face nord. ©Antoine Bouvier

Le Cervin tout proche. ©Antoine Bouvier

Sur l’arête sommitale. ©Antoine Bouvier

La descente se fait en désescalade ou en rappels sur la partie haute, puis par le même itinéraire qu’à la montée. L’attention reste de mise jusqu’à la sortie du glacier, qui a eu le temps de chauffer suite à notre passage matinal.

Le chemin est encore long jusqu’à nos vélos et au bout du lac de Place Moulin, où une glace bien méritée nous attend !

Désescalade de la partie mixte sommitale. ©Antoine Bouvier

Le bout du lac est encore loin ! ©Antoine Bouvier

Massif du Valais, Dent d’Hérens par l’arête Tiefmatten (AD),
4171m, 2 jours

Accès
Depuis le barrage de la Place Moulin, rejoindre le refuge Aosta en remontant jusqu’à l’extrémité de la vallée de la Valpelline (4h, ou 3h en utilisant des VTT pour longer le lac jusqu’au début de la montée).

Matériel
Une corde à simple de 50 m permet de faire les rappels sur la partie haute à la descente. Si vous choisissez l’option désescalade, 30 m suffisent.
Quelques friends, sangles, dégaines.
Matériel de sécurité sur glacier.

Itinéraire varié aux difficultés modérées. On traverse le glacier à la montée et à la descente, d’où la nécessité de respecter l’horaire. Course relativement longue dans son ensemble, un cadre sauvage et majestueux.

Anecdote
Un doute persiste sur l’appellation de la Dent Blanche et de la Dent d’Hérens. Il se pourrait qu’une confusion ait été faite involontairement entre les noms de de ces 2 sommets, par le bureau topographique fédéral suisse au XIXème siècle. En effet, le sommet de la “Dent d’Hérens” est blanc, recouvert de neige ou de glace tout l’année, contrairement à celui de la “Dent Blanche” qui lui est rocheux ! De plus, la “Dent Blanche” est bien visible depuis le “Val d’Hérens”, contrairement à la “Dent d’Hérens” qui elle est peu visible depuis cette vallée. Le doute reste néanmoins de mise, d’autres versions attestant le contraire et confirmant la véracité des noms actuels !

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