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Dragon Fly

Il y a des marques qui naissent d’une passion partagée. Lorsqu’un alpiniste amateur et ingénieur éclairé décide d’améliorer son baudrier ou son sac à dos, il ne tarde pas à attirer l’attention d’un autre passionné, professionnel et jeune guide de haute montagne. Tous deux sont uniquement attirés par l’appat du gain de poids, obsédés même. Depuis, leurs histoires personnelles sont intimement mêlées à l’excellence d’une entreprise nichée au pied du mont Blanc. Bienvenue chez Blue Ice, menée par Giovanni Rossi, conseillé par Hélias Millerioux, ami et ambassadeur de la marque au glaçon bleu.

Début du mois d’octobre 2017. Le Gang des Moustaches composé d’Hélias Millerioux, Fred Dégoulet et Benjamin Guigonnet n’a pas encore atteint la cime du Nuptse par sa face sud. Le trio se dresse pour le moment au sommet du Cholatse (6 440m). Ce n’est encore qu’un sommet d’acclimatation mais pour leur « quatrième » de cordée, c’est l’aventure indispensable. Cet automne, Giovanni Rossi accompagne le Gang à la veille de l’ascension qui leur vaudra un Piolet d’or. Il sagit pour le jeune chef d’entreprise de cultiver sa passion pour l’alpinisme, aventureux si possible, et de réfléchir encore et toujours à des manières d’améliorer le matériel. « Gravir le Cholatse n’est pas un exploit. Mais pour moi, c’est une aventure nécessaire pour entretenir la flamme qui m’anime. Je vais en montagne depuis toujours et pour moi, l’alpinisme implique une maitrise du geste, une maitrise de soi-même, d’un parcours ou d’une pente. Je pense que le véritable engagement en montagne réside dans le travail nécessaire à cette maitrise. Depuis plus de dix ans, je m’engage de la même manière pour que Blue Ice existe et permette aux alpinistes de vivre le plus efficacement leur passion ».

©Blue Ice

Gravir le Cholatse n’est pas un exploit.
Mais pour moi, c’est une aventure nécessaire
pour entretenir la flamme qui m’anime.

Minimalisme et pratique

« Un gramme économisé, c’est un mètre de gagné » rappelait Fred Dégoulet avant de partir au Nuptse. En cette fin avril 2019, Hélias Millerioux s’apprête à partir en expédition au Mont Logan (5 959m, Canada) et son sac Blue Ice Warthog tout neuf, il le martyrise sans sourciller : « Je découpe toujours les surplus de sangle de réglage et de serrage pour gagner du poids ». Extrême ? Probablement. Surtout lorsque l’on sait que la lutte contre le poids inutile est la véritable marque de fabrique de la marque, qui atteint des sommets de légerté en prônant le minimalisme. Giovanni Rossi : « Je suis né du côté italien du mont Blanc mais j’ai vécu plus de sept ans en Amérique du Nord. Là-bas, j’ai découvert une autre manière d’appréhender la montagne, avec le light pour maitre-mot. À mon retour dans les Alpes, l’hiver 2004, j’ai compris que je ne pouvais plus utiliser des baudriers de plus de 400g. J’ai alors contacté un fabriquant de sangle pour en obtenir la plus légère possible et j’ai conçu le premier baudrier ultra léger de Blue Ice, le Choucas. »

Un gramme économisé, c’est un mètre de gagné 

À plus de 7000m, au Nuptse, un sac Blue Ice Dragonfly sur le dos et un Choucas light sur les hanches allège bien des peines. ©Gang des Moustaches

Alors qu’il « bidouillait » déjà du matériel Grivel, Giovanni rencontre un autre adepte du bricolage de matos en la personne de Manu Ibarra. Ce glaciairiste hors pair deviendra l’un des conseillers techniques les plus importants de la marque, en étant notamment à l’origine du baudrier Choucas Light, le baudrier ultra léger (84g) de Blue Ice. L’autre pilier, c’est Hélias Millerioux. Plus qu’un simple ambassadeur, il va rapidement incarner les valeurs de la marque : « J’ai vécu en colocation avec lui pendant deux ans. Nous sommes devenus amis et je vois bien en lui cet esprit d’indépendance et d’aventure que Blue Ice promeut. On me dit souvent qu’on ne se ressemble pas. C’est sûrement vrai. Je suis un ingénieur carré, Hélias est plus imprévisible. Mais dans le fond, je sais que nous avons des valeurs similaires ».

©Blue Ice

Pour son expéditon au mont Logan, Hélias sait qu’il devra porter beaucoup. Il va donc falloir trouver le meilleur compromis entre légereté et confort de portage. Hélias : « J’ai demandé aux ingénieurs de Blue Ice s’ils pouvaient tout simplement ajouter une jupe d’extension au sac Warthog 45, pour porter plus encore que son litrage initial, mais en profitant tout de même de son dos confortable. Et ils l’ont fait ! »  Ainsi que des sacs düffel ultra légers, spécialement pensés pour les pulkas que l’équipe va trainer pendant des centaines de kilomètres sur les interminables glaciers du Yukon. « Les expéditions sont à l’alpinisme ce que la Formule 1 est à l’automobile : un formidable laboratoire d’expérience qui amène du progrès dans le matériel de monsieur tout le monde » explique Giovanni Rossi. « Chez Blue Ice, ça part du terrain pour ensuite arriver chez les pratiquants. Nos choix ne sont pas dictés par le marché ». Vous avez dit indépendants ?

Hélias Millerioux, Thomas Delfino, Alexandre Marchessiaux et Greg Douillard en plein briefing avec l’équipe Blue Ice autour du sac Warthog 45l. ©Blue Ice

Indépendance et production locale

« Vous chez Blue Ice, vous vendez à vos amis ! » Voilà le reproche le plus flatteur fait un jour à François-Xavier Delemotte, responsable marketing de la marque. Parce que la marque revendique une clientèle amie, constituée de passionnés qui se comprennent et parlent le même langage. Implanté aux Houches, Blue Ice fait figure de petit Poucet au sein des grandes multinationales de l’outdoor. Une place que la marque revendique comme un gage de proximité avec sa communauté de clients pratiquants. « On sait que l’on développe des produits qui concernent la niche (le light) de la niche (l’alpinisme). On le fait par passion pour l’épure et l’aspect intuitif de l’utilisation. Chaque produit est un débat à lui seul. Il nait d’un échange avec les pros et les guides » rappelle Rossi. Autant dire que Blue Ice a tout intérêt à avoir pignon sur le Mont-Blanc pour tester ses produits et être au plus près de sa communauté de clients. « C’est ce que j’admire chez cette marque : elle a su allier l’excellence des produits à une forme de simplicité et de proximité avec les alpinistes. Chez les guides, on aime leurs sacs et leurs baudriers car on sait que pour un poids minimum, on a un produit de qualité maximum » confie Millerioux. À l’atelier, c’est Maxime qui voit passer entre ses mains tous les baudrier, à tel point qu’il les connait par coeur. Maxime coud par exemple le baudrier Choucas en moins de 20 minutes montre en main !  Alors que les esprits de l’équipe en partance sont déjà loin sur les pentes du Logan, Hélias sort le cutter. « J’avais pas vu mais cette petite sangle là, sur mon sac, je devrais pouvoir faire sans… »

Giovanni Rossi (avec le sweat-shirt Blue Ice au centre) et l’équipe en partance pour le mont Logan, en avril 2019.  ©Ulysse Lefebvre