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La venue à d’Adam Bielecki à Grenoble, à l’occasion d’une soirée spéciale Pologne aux Rencontres Ciné Montagne, est un événement qu’on ne pouvait laisser passer. Après l’avoir rencontré dernièrement au Festival de Ladek, lui et Krzysztof Wielicki, en visite également, nous avons voulu emmener le leader de la dernière tentative polonaise au K2 hivernal (et dont le film sera diffusé ce jeudi soir) sur notre terrain de jeu grenoblois, histoire de réaliser une interview plus dynamique qu’à l’accoutumée.

Adam Bielecki est prudent. Celui qui apparaît encore aux yeux du public français comme le héros qui a sauvé Élisabeth Revol au Nanga Parbat, avec Denis Urubko, émet quelques réserves quant à ses capacités à grimper sur du rocher, avec piolets en mains et crampons aux pieds : « Je me remets doucement d’une fracture au talon. Ou plutôt plusieurs fractures : 14 pour être précis. C’est la première fois que je remets un baudrier depuis cet accident». Si Adam a déjà grimpé de nombreuses fois dans le Mont-Blanc, sa connaissance des massifs périphériques de Grenoble est restreinte. Et la prudence céda la place à la curiosité.

Découverte de l’Usine. ©Ulysse Lefebvre

Du dry les jours humides

Mais que faire en novembre, lorsque le rocher est trop mouillé pour grimper et les pentes trop peu enneigées encore pour skier ? Réponse : se réfugier dans l’immense grotte de Voreppe, appelée l’Usine pour sa proximité avec la zone d’activité juste en-dessous. Après cinq minutes de marche montre en main, c’est un terrain de jeu et de grimpe impressionnant qui s’ouvre aux yeux ébahis du Polonais. « On n’a pas ce genre de lieu en Pologne, peut-être un site dans les Tatras, mais pas ailleurs à ma connaissance ». Là, la petite communauté des adeptes du dry se retrouve progressivement. En ce jeudi matin, on y croise Gaëtan Raymond, l’un des plus fervents ouvreurs et pratiquant de dry-tooling. D’ailleurs, à l’Usine, il a ouvert quasiment toutes les voies les plus dures. D15, ça vous parle ?! Pas loin, c’est Marion Thomas, membre de l’équipe de France de cascade de glace qui vient s’entraîner, puis Pierrick Fine et d’autres. Et rapidement, le mot se passe : « T’as vu, c’est le polonais qui était au K2 en hiver, le mec qui a sauvé Revol… La classe ! »

Au K2, les médias étaient en quelque sorte
un membre à part entière de l’expédition 

© Ulysse Lefebvre

La classe ouai, mais une classe qui se maîtrise. Pour Adam Bielecki, alpiniste professionnel, la gestion de son image est primordiale : « En tant que pro, tu dois contrôler les informations que tu donnes aux médias. La communication est essentielle pour t’assurer qu’il n’y ait pas de fausses infos qui soient propagées. Au K2, les médias étaient en quelque sorte un membre à part entière de l’expédition ». La communication, un thème essentiel pour tous les alpinistes qui souhaitent vivre de leur passion et raconter leurs aventures, quitte à y passer du temps. Mais aujourd’hui, Adam est détendu : « On sent qu’il y a une communauté de grimpeurs ici, on s’y sent bien. Et faire une interview en grimpant avec un journaliste, c’est le meilleur moyen de faire passer correctement un message. » À ce propos, il est assez révélateur de voir comment Krzysztof Wielicki, chef de la dernière expédition polonaise au K2, gère les relations aux medias depuis sa tente mess du camp de base dans le film The last mountain. On ne peut que vous encourager à aller le voir ce soir, au palais des Sports, aux Rencontres Ciné Montagne.

Retrouvez tout le programme d’Alpine Mag sur ces 21e Rencontres Ciné Montagne de Grenoble par là !

Initiales B.B. (Bat-Bielecki). ©Ulysse Lefebvre