Nanga Parbat : Andrzej Bargiel s’offre son 5eme 8000 à skis au Pakistan

Andrzej Bargiel au Nanga Parbat © Pawlikowski

Andrzej Bargiel a réussi la descente à skis du Nanga Parbat, 8126 mètres, sans oxygène supplémentaire selon les premières informations venues du camp de base. Le Polonais devient ainsi le premier à avoir skié les cinq 8000 du Pakistan : K2, Broad Peak, Gasherbrum I, Gasherbrum II et Nanga Parbat. Une nouvelle page du ski de très haute altitude, sur un sommet où les Français, Boris Langenstein en tête, avaient déjà ouvert la trace.

Ce n’est pas le 8000 le plus courtisé, ni le plus réussi au Pakistan. Et pour cause : la voie normale du Nanga Parbat, 8126 mètres, n’a rien de facile, avec le fameux Mur Kinshofer, et l’éperon aérien qui le domine, et son camp 2 perché à 6000 mètres. Neuvième plus haut de la planète, le Nanga Parbat était le dernier 8000 pakistanais manquant au tableau d’Andrzej Bargiel. Le Nanga résume ce que le ski de très haute altitude a de plus ingrat : de longues sections exposées, un couloir raide, un éperon aussi raide, des traversées, et des sections en rocher.

Le Polonais, 38 ans, a effectué sa descente le 30 juin selon les témoins du camp de base. On ne connaît pas encore les détails de sa descente, les rappels éventuels, mais on sait que le Polonais a comme à son habitude effectué l’aller-retour sans bouteilles d’oxygène, même s’il est probable qu’au moins un sherpa l’accompagnant était lui muni d’oxygène additionnel. 

Au sommet du Kinshofer, le camp 2, très aérien, du Nanga Parbat ©Ulysse Lefebvre

Son 5e et dernier 8000 pakistanais

Avec le Nanga Parbat, Bargiel ajoute à sa liste le dernier des cinq 8000 du Pakistan : K2, Broad Peak, Gasherbrum I, Gasherbrum II et Nanga Parbat. Les quatre premiers appartiennent au Karakoram ; le Nanga, lui, se dresse plus à l’ouest, isolé au-dessus de la vallée de Diamir. En 2018, Bargiel avait marqué l’histoire en devenant le premier à skier le K2 depuis le sommet. Il avait déjà skié Broad Peak et Gasherbrum II en 2015, puis Gasherbrum I en 2018. Le Nanga Parbat était la dernière pièce pakistanaise de ce puzzle. Depuis plus de dix ans, Bargiel s’est lancé dans sa quête des quatorze 8000 à skis. Il a skié le Shishapangma en 2013, le Manaslu en 2014, les Broad Peak et Gasherbrum II en 2015, le K2 et le Gasherbrum I en 2018, l’Everest en 2025, puis le Nanga Parbat en 2026.

Sur cette photo en drone, on distingue le camp 3 à près de 6900 mètres, en bas à gauche, et le lointain sommet du Nanga Parbat au centre ©Ulysse Lefebvre

Le Nanga à skis, une vraie première française

Dès 1990, c’est l’Italien Hans Kammerlander et le Suisse Diego Wellig qui font la première à skis mais ils ont chaussé une trentaine de mètres sous le sommet. En 2007 le Français Jean-Noël Urban fait une belle tentative. En 2019, Tiphaine Dupérier et Boris Langenstein ont skié la voie Kinshofer, sur le versant Diamir. Boris a atteint le sommet, puis a dû descendre quelques dizaines de mètres à pied avant de pouvoir chausser. La descente n’était pas intégrale depuis le point sommital. En juin 2025, Tiphaine Dupérier et Boris Langenstein, accompagnés de l’Allemand David Göttler à la montée, ont réussi l’exploit : sommet par la voie Schell, sur le versant Rupal, sans oxygène, en style alpin, puis première descente à skis depuis le sommet par ce versant immense.