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« Why we run ? » : Rencontre avec Bernd Heinrich #2

40 ans : l’âge des possibles, ou l’attente interminable ? Il aura fallu patienter. Pour Bernd Heinrich, afin de découvrir l’ultra et d’en écrire les records. Pour le lecteur, afin de découvrir la traduction de « Why We Run », mémoire vivante d’une double vie : Ultra-penseur et chercheur à dossard*. Rencontre avec 80 printemps de savoir(s) – En mouvement. 

D’emblée, votre autobiographie frappe par sa dureté. Vous êtes un triple rescapé : de l’Histoire, du passé collectif allemand, et de votre jeunesse. Le ressentez-vous ? En éprouvez-vous réussite ou cicatrice ?

Bernd Heinrich : Non, je ne ressens pas de dureté, de rancune ou d’esprit de revanche. Bien que ce vécu,  mes expériences ou mon passé, sont parfaitement intacts à mon esprit. En fait, je réalise que tout ce que j’éprouve est assez incroyable : pas de succès ou de victoire sur mon histoire, que je ne vois pas du tout comme une « chienne de vie ». Simplement du bonheur et de la gratitude, envers l’enchainement des choses. Tout cela est très vivant, présent. Tant de choses sont dues au hasard, tellement inattendues. Tant d’évènements majeurs de ma vie, n’étaient au départ que des graines, insignifiantes. Ça m’épate toujours.

Courir : était-ce un appel instinctif, ou un moyen de réussir en trouvant votre « truc » socialisant ?

BH : Exactement, on peut dire ça ! Courir était un outil qui m’a conduit à identifier mon « médium », ou un outil à moi. Et oui, la socialisation en découlant en fut une part très importante, en effet. J’ai été reconnu, et peut-être que cela a renforcé ma confiance en moi pour essayer d’autres choses difficiles.

Vous percevez-vous comme un bosseur, ou comme doué?

BH : Très tôt, on m’a reconnu comme un travailleur acharné. Bosser, doubler ou tripler le volume, ça coulait de source ou je ne m’en rendais pas compte. Je me souviens encore quand j’étais jeune à la Good Will School alors que nous travaillions en forêt à faire du bois de chauffage et qu’il faisait froid, le superviseur m’a dit plus tard à quel point je travaillais dur par rapport aux autres enfants, et que je n’avais donc pas froid. Très jeune, j’ai eu des tâches quotidiennes à réaliser, et mon père disait toujours « d’abord le travail, ensuite la récompense » (à imaginer en allemand des années 1950). Mais, à la fin, je dois avouer que les résultats m’étonnent : je ne peux donc pas exclure la notion de capacité. Et surtout…une sacrée dose de chance, j’en reste convaincu. 

(la suite pour les abonnés)

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