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Benjamin Védrines, Léo Billon et Sébastien Ratel ont conclu avec une maestria peu commune leur trilogie hivernale des trois faces nord mythiques des Alpes, par les voies les plus directes et dans un temps record d’à peine un mois. De quoi poser un nouveau jalon dans cet enchaînement initié par Glairon-Rappaz et Périllat en 2011. Après la voie Harlin à l’Eiger, la Directe de l’Amitié aux Grandes Jorasses, le Cervin est le point d’orgue de cette superbe aventure.

La partition des trois mouvements de ce concerto pour trio d’alpinistes a été jouée à la perfection, avec un final exécuté à la journée sur la voie Gogna-Cerrutti (1000m, A2, 6b, M7) en face nord du Cervin. « Le problème quand tout se déroule si bien, c’est que ça parait presque facile de l’extérieur. Mais cette trilogie est tout sauf anodine ! », insiste Benjamin Védrines qu’on a eu au téléphone hier soir à Chamonix, en transit chez Léo Billon, alors qu’il sortait d’une douche méritée. Facile, du coup, d’avoir les deux compères. Deux minutes après, Léo raconte l’arrivée au sommet du Cervin : « Cette journée fut la plus intense : très physique sur les bras sur la seconde partie, avec du vent assez usant, l’altitude à 4400… On a ressenti une grosse émotion de boucler le projet. C’est sûr que c’était plus fort que sur les autres ascensions où on n’est pas les plus expressifs et qu’on se dit juste « Ah, on est content ». Il

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