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Chaque année une douzaine de films soutenus par le Fonds d’aide au cinéma de montagne sortent sur les écrans. L’occasion d’inviter leurs réalisateurs à partager leur expérience. Après deux films réalisés en auto-production et destinés aux festivals, Sandra Ducasse a répondu à une commande de France 3 Auvergne Rhône-Alpes pour dresser le portrait de Marion Poitevin, en collaboration avec son compagnon Francisco Taranto Jr. La première diffusion de Marion Poitevin, une femme tout là-haut a lieu ce dimanche 7 mars dans l’émission Chroniques d’en haut à 12h50, puis le documentaire sera disponible en replay sur le site de la chaîne.

Comment est né ce film ?

Sandra Ducasse : En 2017, j’ai co-réalisé Voies féminines, un documentaire qui croisait les parcours de trois femmes passionnées d’escalade et de montagne, Martina Cufar-Potard, Liz Sansoz et Marion Poitevin, un film soutenu par le Fodacim. France 3 m’a alors contactée pour me demander un portrait de Marion Poitevin, première femme du Groupe Militaire de Haute-Montagne (GMHM) puis première femme instructrice des chasseurs alpins, et actuellement CRS de montagne, profession qu’elle est là encore la première à exercer. Pour répondre à cette commande, j’ai dû trouver un producteur, et j’ai décidé de travailler avec Jean-Claude Baumerder de Filmica Productions, qui jusque-là ne s’était jamais impliqué dans un film de montagne.

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Qu’est ce que cela change d’avoir un producteur ?

Sandra Ducasse : J’ai beaucoup apprécié de travailler avec lui car il me faisait des retours sur l’écriture, sous forme de « ping-pong ». Je lui envoyais mes textes et il m’adressait rapidement ses commentaires, et ainsi de suite. C’était la première fois que j’écrivais vraiment un film. Pour moi, le producteur joue aussi un rôle de protection de l’auteur vis-à-vis des exigences de la chaîne. Parler de féminisme reste compliqué (rires) ! Mais Jean-Claude exerçait aussi un regard critique : il nous a renvoyés tourner une scène qu’il trouvait ratée ! 

Sandra Ducasse © Francisco Taranto Jr

Le sujet a-t-il été compliqué à mettre en images ?

Sandra Ducasse : Pour mes précédents documentaires, L’art d’accoucher et Voies féminines, nous nous étions immergés pendant plusieurs mois aux côtés de nos personnages. Là, tout était davantage préparé et nous avons filmé sur une période plus courte. Nous avons dû demander de nombreuses autorisations pour accompagner Marion Poitevin dans ses missions de CRS, et nous avons été aidés en cela par le capitaine Amaury Lagroy de Croutte, malheureusement décédé depuis dans un crash d’hélicoptère en Savoie. Malgré tout, nous n’avons pas pu filmer en hélicoptère, c’est donc Marion qui a nous a rapporté des images de ses interventions grâce à une caméra GoPro.

Comment s’est organisée la post-production ?

S.D : Qui dit producteur, dit équipe de professionnels pour les étapes qui suivent la réalisation. J’ai donc travaillé avec un monteur professionnel, Hugo Clouzeau, lun des meilleurs ! Ce n’est pas moi non plus qui ai assuré la voix-off. Mais ne pas tout faire de A à Z sur un film, c’est bien aussi !

Comment appréhendes-tu la diffusion télévision ?

S.D. : En auto-production, ton film est vraiment ton bébé, le voir en festival est un moment fort. Cela me fait moins d’effet qu’il passe à la télévision, et je ne sais pas s’il sera sélectionné en festival par la suite. Sera-t-il trop connoté « télévision » ? Je ne sais pas… Mais cela reste un bon tremplin pour faire d’autres films. J’ai d’ailleurs deux autres projets en cours avec Filmica productions.

Propos recueillis par Sophie Cuenot, coordinatrice du FODACIM (Fonds d’aide au cinéma de montagne)

Disponible bientôt, le replay du film : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/emissions/chroniques-haut/chroniques-haut-marion-poitevin-femme-haut-dimanche-7-mars-12h50-france-3-1932066.html

Le site de Sandra Ducasse et Francisco Taranto Jr. : https://www.fotovertical.com/fr/

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