Pierre Mumber a été relaxé. Suite à son jugement en appel le 24 octobre dernier, le maraudeur briançonnais, poursuivi pour « aide à l’entrée irrégulière d’un étranger », a finalement été entendu, grâce notamment à une preuve vidéo éloquente. Un élément essentiel qui prouve l’innocence du maraudeur, mais qui reconnait aussi des procès verbaux mensongers émanants des policiers eux-mêmes. Un dossier qui pose toute la question de l’erreur judiciaire et du rôle des autorités dans les affaires de solidarité.

Soulagé ? Blasé ? « Blasé oui, c’est pas mal ça. Soulagé non, car je reste interloqué après avoir été deux fois au tribunal alors que je n’aurais jamais dû y aller. » Au lendemain du verdict de la cour d’appel de Grenoble, ce 21 novembre 2019, qui confirme son innocence et sa relaxe, après une condamnation à trois mois de prison avec sursis en première instance à Gap, Pierre Mumber ne saute pas de joie. Il n’aurait jamais dû être inquiété par la justice, surtout pour assistance à personnes en danger, lors d’une nuit glaciale à Montgenèvre. Pire : au-delà de son cas, Mumber pense à tous les autres procès, et en particulier à celui des « 4+3 de Briançon » encore en cours, dans lesquels les accusés comme lui doivent apporter des preuves de leur innocence : « En ce qui me concerne, j’ai toujours été confiant. Je croyais beaucoup en cette vidéo pour démontrer mon innocence. Dans le cas contraire, j’aurais beaucoup moins bien dormi… » (…)

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