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Il fut un temps l’Antarctique sans les alpinistes. Réservé à l’exploration scientifique uniquement, le sixième continent resta jusqu’aux années 60 un blanc sur la carte mentale des alpinistes : jusqu’à ce que le Vinson, gravi en 1966 devienne récemment un passage obligé des Seven Summits. L’auteur Damien Gildea a lui-même contribué à l’exploration des sommets de l’Antarctique au cours de la décennie 2000 dans cet ouvrage indispensable, riche de photos et de cartes introuvables ailleurs.

L‘Antarctique des montagnes est un grand blanc sur la carte jusqu’en 1958, quand un avion survole cet amas monstrueux du massif Ellsworth, d’où émerge un géant de près de 5000 mètres. Gravi en 1966 par une équipe américaine, le Vinson ne devient à la mode que quarante ans plus tard, quand il fait partie de la liste des Seven Summits que tout explorateur des années 2000 veut accrocher à son tableau. Dans ce livre superbement illustré, Damien Gildea raconte les pionniers de l’Antarctique rapidement, avant de se pencher sur les deux décennies 90 et 2000 au cours desquelles les expéditions se sont succédés chaque été austral pour explorer les montagnes de l’Antarctique. Récits d’expés, photos exclusives, interviews de figures de l’aventure en Antarctique : le boulot de Gildea est phénoménal, à hauteur de la passion qu’il voue au continent blanc. Entre autres, on lira avec délectation le récit de l’expé du GMHM en 1998 à l’issue dramatique (où J-M. Gryzka trouva la mort), ou les mots de Mike Liebecki, l’un des plus grands alpinistes-aventuriers contemporains, américain et auteur de deux grandes expés en Antarctique dont une en solo.

Les montagnes de l’Antarctique, Damien Gildea, Nevicata, 192p., 34,95€.

L’auteur est un observateur pointu du monde des expéditions

Damien Gildea a lui-même mené une série d’expéditions durant la décennie 2000, guidant des clients, mesurant l’altitude des sommets, et ouvrant ou répétant quelques beaux morceaux d’alpinisme, sur le mont Tyree par exemple. Il donne au passage un topo complet (en 2011) du mont Vinson, à la géographie complexe. Il n’oublie aucun des alpinistes, souvent du gotha mondial – de Mugs Stump à Erhard Loretan en passant par Robert Caspersen, venus user leurs crampons, du Vinson aux flèches de granite pourri de la Terre de la Reine-Maud.

Gildea, depuis, reste un observateur affûté du monde des expéditions polaires, commerciales ou non, contribuant à la vérité sur l’affaire O’Brady, du nom de cet explorateur vaniteux qui a prétendu faire la première traversée de l’Antarctique. 

Un conseil : lisez ce livre paru en 2011, faites que Damien Gildea soit obligé d’écrire la suite de cette histoire, riche de nouvelles expéditions et d’ascensions sur cette planète Antarctique aussi loin de la Terre que l’on puisse être sur Terre.

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