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Le repas de 14h59

12h46 : Sommet. Encore une descente puis un repeautage rapide et ensuite, ce sera la longue et
attendue descente vers le village.
12h47 : Un du groupe dit qu’il est inutile de manger à cette heure là et là. Le reste du groupe
semble d’accord, dans les grandes lignes. Les trois raisons principalement exprimées sont :
• Nous allons en montagne pour briser la routine du quotidien dont le repas méridien, ce jalon socialement imposé.
• Les barres de céréales suffisent et sont bien assez énergétiques comme ça.
• De toute façon, on n’a rien à manger et crois-tu toi que Kilian Jornet va en montagne avec un sandwich aux rillettes dans le sac ? 
13h04 : Dans les premières conversions de la dernière montée, certains du groupe s’interrogent sur l’équivalence calorique entre une barre à l’avoine/abricot et une pizza quatre fromages. Les certitudes de 12h47 se fissurent. Jamais conversion n’a aussi bien porté son nom.
13h47 : Depuis la dernière cime du jour, on devine le village. Selon les calculs précis du prof de maths du groupe, expert en cinétique, le groupe sera au village aux environs de 14h13 (Jacques qui s’arrête tous les six virages car il a chaud aux cuisses a été pris comme référence temps). Chez Mimile ferme rigoureusement à 14h, le deuil définitif du gratin de crozets flambé au Cognac est à envisager. Un du groupe pense qu’il y a là une forme d’injustice : Jacques, à vue de ventre, semble être celui dont

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