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C’est l’histoire de deux potes heureux de se retrouver en montagne. Tranquillement, sereinement dans les pentes connues de Belledonne. Le lien de la cordée complice ne s’est jamais dénoué. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Sous le soleil, la sortie s’assombrit. La fatigue devient inexplicable. Au col des Badons à 2670 mètres d’altitude, une douleur sourde dans le bras gauche. Le copain guide réagit, et l’hélico du PGHM fait son super boulot. Récit d’un rescapé, heureux d’humer l’air du printemps, et d’un secours qui finit bien.

Tom vient de tracer pour le moindre effort la dernière pente un peu raide de notre montée. Il poursuit maintenant à un rythme de sénateur, dans une petite combe suspendue : nous sommes à 2550 mètres d’altitude, avons franchi depuis le parking 1500 mètres de dénivelé et il n’en reste plus que 120 pour sortir au col des Badons, puis du col à peine 50 pour atteindre le sommet du Petit Badon. Sur notre gauche, le grand triangle sommital du Rocher Badon, vierge de trace, apparaît. Le Petit Badon et le col sont encore masqués par quelques vagues de neige vraiment peu raides, mais qui nous restent à franchir. Le soleil frappe fort, j’attrape un coup de chaud :

– Tom ! Attends.

Thomas est à une trentaine de mètres plus loin. Il s’arrête et se retourne :

– Ça va ?

– La dernière pause ne m’a pas suffit, dis-je en ouvrant mon gilet et ma veste polaire. J’ai chaud ! 

– Il n’y a pas d’air ici, et c’est plein cagnard !

– Quelle heure c’est ?

– 11h30.

Cela fait seulement 30 minutes que nous sommes repartis. Je me dis qu’on a le temps :

– Je vais boire encore un coup et prendre un peu d’air.

– Pas de souci mec, on est en avance ! Je vais continuer tranquillement et on reste en vue, prends bien le temps et repars tranquille après ! 

– Ok !

Première pause en sortie de la forêt à 1400 mètres. Détente pour les copains qui se retrouvent. ©Manu Rivaud

J’ai souvent un petit coup de moins bien à 2500 mètres, quelle que soit la saison ou mon degré d’acclimatation. Je pose mon sac – qui commence à être trop lourd – et retrouve du confort. J’aimerais bien voir ce col, mais non, pas encore. Ça me rappelle la sortie du couloir Piaget vers la calotte des Agneaux, en Oisans – toutes proportions gardées – et ces idées de « faux sommets » qui parfois, sur une montagne, masquent le vrai sommet.
Je reprends mon souffle, repars doucement, mais m’arrête encore au bout de cinq minutes. Je me plie en deux, mes bâtons calés sous les clavicules.
Rivaud putain, tu nous coules une bièle ou quoi ?
Ce n’est pas la première fois que les 100 derniers mètres sous un sommet sont durs.
Aller putain, c’est fini là, arrache-toi tu sais faire.
Quand j’arrive au col, ou Thomas m’attend debout – vigilant – il est 12h30 : depuis la dernière pause « normale » à 2420 mètres, mon rythme est passé de 400 mètres heure à 160 :

– Ça va Manu ? demande Tom posément.

– Je suis en train de recevoir.

Mais je suis heureux, on y est, à ce col. Je pose mon sac, je déchausse, retrouve un peu mes esprits. Je suis persuadé qu’avec une bonne pause – le temps est toujours au beau fixe, sans vent – je vais récupérer. Néanmoins, je vois que l’accès au sommet du Petit Badon n’est pas évident : du col, une courte arête de neige peu raide mène à une très courte section rocheuse presque verticale, juste sous le sommet. La cime, point de départ de la descente qui m’a motivé à venir ici, est à une longueur de corde ! Mais rien n’est fait.

La course envisagée  : vue sur la descente de l’intégrale du Petit Badon, depuis le couloir SO du Rocher d’Arguille. ©Manu Rivaud

12h57.

– Tom, j’crois qu’c’est le cœur.

Thomas entend, mais ne dit rien.

À partir de maintenant, tous les deux passons en mode alerte, et ceci dans le plus grand calme. Il n’y a aucun bruit, pas un souffle d’air. Tout est immobile : ce qui nous entoure – les sommets – et nous-mêmes, Thomas à genoux dans la neige et buste droit, moi accoudé sur mon bras droit, jambe droite allongée et gauche repliée, en appui talon.

– T’as mal comment ? demande Tom après un court moment de silence.

Je me redresse prudemment et lui montre mon bras gauche, avec ma main droite :

– C’est supportable, mais c’est là, dans le creux du coude, et ici, au poignet, sous l’articulation du pouce. Ça irradie un peu entre les deux.

– Ok. La poitrine ? 

– Pas vraiment. J’ai le sternum un peu serré, mais ça va, c’est supportable.

Alors que je me rends bien entendu compte de la signification de cette dernière réponse, je m’allonge avec précision en position latérale de sécurité (PLS), la tête sur mon sac. Devant moi, j’ai l’aiguille de Marcieu, et sa face nord-ouest assez imposante pour le coin. Triangulaire, elle me fait penser à la face nord de la Meije.

– Il nous faut un avis médical, tranche Tom.

Brave Thomas. Lui comme moi avons été formés aux premiers secours dans notre parcours, achevé ou non, vers le diplôme de guide. Il sait forcément, comme moi à cet instant, ce que ces douleurs, qui ne passent pas, signifient : je suis en train de faire un infarctus du myocarde à l’effort. Je risque, à partir de maintenant, l’arrêt cardiaque. C’est le début d’une nouvelle danse avec la mort, et je ne sais pas ni quand – dans une minute, plus ? – ni comment – ici, ailleurs ? – celle-ci va finir.

Je reste calme, toujours en PLS, et extrêmement concentré sur deux choses : ma respiration, dont je m’applique à réaliser des cycles lents et doux, et mon rythme cardiaque, sur lequel j’ai bien peu d’emprise. Mais tout de même, je focalise dessus une bonne partie de mon attention.

Merde… Manu non… C’est trop tôt, trop tôt…

Ne pas céder à la panique, surtout pas, continuer à danser, appliqué.

Cela fait longtemps que je n’ai pas fait l’amour à deux, et je pense à toutes ces femmes, à celles à qui il faut dérouler un tapis doré.

Ne t’arrêtes pas, danse Manu, danse.

Je regarde fixement la nord-ouest de l’aiguille de Marcieu, et fais ce constat : j’ai le choix entre prendre le risque de l’arrêt cardiaque, ou appeler les secours en montagne.

– Tom, appelle le PGHM.

Tom avait déjà sa radio – de guide – en main.

Il m’observe, se lève calmement et allume l’appareil et sélectionne le bon réseau, celui de la Belle Étoile, dont le sommet n’est pas très loin. Il est 13 heures, pile. 

– Tom, j’crois qu’c’est le cœur.

Du parking de la Martinette, l’itinéraire remonte la combe Madame jusqu’au refuge puis le Petit Badon (tracé orange). En pointillés jaunes, la descente visée « intégrale ». La flèche jaune indique la pente nord du col des Badons, alternative. Les points jaunes indiquent les pauses prévues. ©Manu Rivaud

La dernière montée à 2600 mètres. ©Manu Rivaud

13h18.

Tom a réussi à donner l’alerte : qui, où, signes cliniques. Deux à trois minutes plus tard, j’ai pu entendre la voix posée d’un des membres du PGHM de l’Isère, lors d’un nouvel échange radio : « on vous envoie une équipe ».

Depuis un quart d’heure, rien : on attend. Thomas me surveille, moi je reste en PLS et concentré sur ce que j’ai à faire. Heureusement pour nous, il n’y a pas de vent et le soleil brille toujours au milieu d’un ciel sans nuage : il ne fait pas froid, je n’ai pas froid, et tout à l’heure – quand ? – l’hélicoptère ne sera pas mis en difficulté par la météo.

Mais il n’est toujours pas là. Je tends l’oreille, je cherche un bruit lointain de retor, mais je n’entends rien. La base est pourtant proche d’où nous sommes. 2500 mètres plus bas certes, au Versoud dans la vallée du Grésivaudan, mais vraiment pas loin. Où alors, serait-ce l’équipe en poste à l’Alpe d’Huez, qui va intervenir ? À vol d’oiseau, elle n’est pas plus loin, mais beaucoup plus haut en altitude que celle du Versoud, à 1800 mètres.

Oh DJ, quand cette danse avec la faucheuse va-t-elle finir ? Il est du genre long, ton morceau de musique…

Je pense à Thomas, qui continue de me surveiller et que je vois parfois faire quelques pas pour sonder la vallée d’un côté, puis de l’autre. Je sais qu’il est prêt, que si mon cœur s’arrête de battre, il me fera un massage cardiaque, et autant qu’il le faudra. Je n’en doute pas une seconde mais putain, c’est trash. 

– Ça fait vingt minutes, dit-il.

– Putain, qu’est-ce qu’i foutent, c’est grand beau et y a pas de vent ! dis-je tout haut.

T’énerves pas Rivaud. Tu as de l’expérience, tu as traversé des choses difficiles, et des emmerdes variés en rangs serrés ces dernières années. Tu t’en es sorti, toujours. Tu t’en sors toujours, face aux enculés, face aux épreuves.

Je parviens à rester concentré. Je regarde les montagnes qui me font face, je vois surtout cette aiguille qui me rappelle la Meije, et me dis regarde les biens, ces montagnes qui sont belles, regarde les bien.

Il paraît que la rétine d’un mort conserve ce qu’il a vu dans les dernières minutes.

Danse Manu, danse. Continue de danser.

Tom dans le dernier ressaut à 2500 m. ©Manu Rivaud

L’EC 145 jaune et rouge de la sécurité civile entre dans mon champ de vision. Je le regarde évoluer, ils sont sans doute en train de réfléchir à comment faire pour me sortir le plus rapidement possible de cette situation

13h35

Au bout d’un moment, même si on parvient à rester focalisé sur sa mission de survivre, on s’en remet complètement aux autres, au destin. Quelque chose s’enclenche dans la tête et l’on ne souffre plus de l’attente. Les choses se font, point barre.

Mais ça y est, j’entends quelque chose, un bruit de moteur au loin, et la voix de Tom, près :

– Ça y est Manu, ils arrivent.

C’est vrai, ils arrivent. L’EC 145 jaune et rouge de la sécurité civile entre dans mon champ de vision. Je le regarde évoluer, ils sont en train de repérer précisement la zone, sans doute de réfléchir à comment faire pour me sortir le plus rapidement possible de cette situation. À côté de moi, debout, Tom fait le Y de « YES », les deux bras tendus au ciel.

– Ils nous ont vus, obligé, dit Tom.

Aller les gars putain. Je suis content de vous voir. On continue.

L’hélicoptère disparaît un moment en aval de notre position, et dépose deux gars sur une bosse de neige, sous le col, avant de redécoller fissa et de refaire un rond dans le ciel. Puis il s’approche de nous, et je me dis que le moteur de l’engin fait moins de bruit que celui d’une alouette.

Le spectacle est grandiose : le pilote – Richard – approche son appareil vers une petite pente, une trentaine de mètre à main droite du col, et à niveau. Il pose le patin gauche de la machine, comme la dernière pièce d’un château de cartes. Un secouriste bleu – Nicolas – saute dans la neige, s’accroupit, et l’EC 145 repart. Le boucan s’estompe, je suis toujours en PLS et suis recouvert de poudre blanche. Je vois Nicolas venir vers moi d’un pas précis et décidé, je me dis que ça y est, que je vais être pris en charge : l’espoir augmente.

Nicolas arrive près de moi et m’identifie facilement. Il me regarde, ses yeux sont pleins d’attention :

– Bonjour, moi c’est Nico. Comment va ton bras ?

– Ça va.

– Est-ce que tu penses pouvoir marcher jusqu’à là-bas, là où j’ai été déposé ?

– Oui.

– Ok. Alors on y va. Prends mes traces, je prends tes skis et ton sac.

– Tom, tu viens avec nous ? je demande à cet ami cher une fois relevé.

– Non non, je vais descendre, récupérer la bagnole, nos baskets. Je préfère faire ça, je ne sais pas où ils vont t’emmener. Mais ne t’inquiètes pas, ça va aller mec, et on s’appelle dès qu’on peut, ok ?

– Ça marche Tom Tom, à toute.

C’est parti, je marche dans les pas de Nicolas avec la précision d’une pendule suisse, je le vois échanger brièvement avec Thomas, et je m’accroupis juste à côté de la trace de patin que l’hélico a laissé il y a trois minutes. Nicolas me rejoint et je lui demande :

– C’est bon, là, je suis bien placé ?

– Nickel Manu, tiens, accroupis-toi sur tes skis.

L’EC 145 revient vers nous et je fais l’œuf. La poudre vole, je vois le patin de la machine descendre lentement, je pourrais l’attraper de la main. C’est incroyable de maîtrise, Richard vient caler sa machine au centimètre près, comme la première fois. Debout sur le patin, le mécano-treuilliste – Olivier – lève le pouce. Je me lève le dos rond, prend l’appui le plus solide possible sur un marche-pied et vais rapidement me réfugier au fond de l’appareil. Nicolas suit rapidement et nous redécollons. Il est 13h42.

Regarde-les bien Manu, ces montagnes que tu aimes tant.

Infarctus du myocarde

Le médecin du SAMU, Marco, et le second secouriste, Gilles, qui ont été déposés afin d’alléger la machine avant qu’elle ne vienne me chercher, sont au prix d’une nouvelle manœuvre de retour dans l’appareil. Nous volons vers Grenoble et la médicalisation commence : perfusion d’anticoagulant, saturomètre, tensiomètre et électrocardiogramme. Marco m’a aidé à enlever mes fringues, m’a mis un casque et un micro sur la tête, a installé des électrodes sur ma poitrine et mis sa valise « ECG » en marche. Derrière lui, Nicolas me surveille, concentré. Je me laisse faire, cette prise en charge me rassure, même si rien n’est fait et si j’essaie de rester toujours focalisé pour rester calme.

À travers les hublots, les sommets de Belledonne défilent lentement, sont magnifiques, solaires, étincellants. Regarde les bien Manu, regarde bien ces montagnes que tu aimes tant et qui pourtant, aujourd’hui, font que tu as mal…

La danse continue sous fond de retor, mais là, je craque : je pense à toutes ces clopes que j’ai fumé et que je fume depuis 27 ans, je pense à Alban, à ma mère. Je me mets à souffler, à lutter, à pleurer. Marco le voit et vient me planter ses yeux perçants dans les miens. Avec son masque anti-covid, son casque et ses cheveux bouclés noirs et mi-long, j’ai l’impression d’avoir à faire avec Éric Escoffier… La fureur de vivre, je me dis.

Avec ses deux mains, Marco fait un geste explicite : « cesse de pleurer, tout de suite ».

J’obtempère. Ressaisis-toi Rivaud putain, t’es pas en sucre. Ça fonctionne et Marco me pose des questions, dans le casque :

– Quel âge tu as Manu ?

– 45.

– Tu es fumeur ?

– Oui.

– Depuis quand ?

– Depuis que j’ai 18 ans.

– Combien par jour ?

– 10, en moyenne.

– Ok. Gros fumeur. Arrête de parler maintenant.

Marco appuit sur quelques boutons, et un électrocardiogramme sort sur du papier. Je regarde dehors, l’hélicoptère est en train de se stabiliser au-dessus d’un toit. Il y a une infirmière, avec un brancard. Nous sommes en train d’attérir sur le toit de la clinique Belledonne, à Saint-Martin d’Hères. Dans mon casque, j’entends une voix, claire et posée : « infarctus du myocarde ». Je ne réagis pas particulièrement, je me dis que c’est peut-être une façon de m’informer, ou que le type qui a dit ça a oublié d’appuyer sur off. Je continue de danser, et m’applique à descendre. Gilles m’enlève mes chaussures de ski, je récupère mes vêtements et mon téléphone, les gars se chargent de ramener mes skis et mon sac au Versoud. Le brancard roule déjà vers un ascenseur, j’essaie de regarder chaque gars de l’hélico dans les yeux, pour les remercier et leur dire au revoir, mais cela va trop vite :

– Merci les gars, merci à tous.

– Soigne-toi bien Manu, me dit Gilles.

Ils ont la tête de types qui, peut-être, en regarde un autre pour la dernière fois. Mais leurs regards me donnent de la force. Et pour les derniers pas de danse, je ne suis pas seul.

La cordée qui ne tue pas ! Ici à la pause n°2, au refuge. Thomas, à gauche. ©Manu Rivaud

Le 11 mars à la clinique. ©Manu Rivaud

Avant / après. ©Manu Rivaud

Le docteur Marie-Jeanne Bertrand. 

Vingt jours plus tard

À 14h26 le mercredi 10 mars, soit à peine 30 minutes après mon arrivée au service d’urgence cardiologique de la clinique Belledonne, j’étais sauvé. La cardiologue interventionnelle – québécoise – Marie-Jeanne Bertrand, qui a réalisé une angioplastie sous anesthésie locale et via mon bras droit, me l’annoncait. Moment incroyable : mon artère inter-ventriculaire antérieure (IVA) moyenne, la principale qui alimente en sang et oxygène le muscle ventriculaire gauche du cœur, était obstruée à 99% par un thrombus (caillots) de 3 centimètres de long. « Ne vous inquiétez pas, il reste de la lumière » (dans votre artère), a-t-elle dit pendant la manœuvre, sans préciser 1%, et sans préciser que ce thrombus ne s’était pas formé en un jour… Je pense à Audiard : « Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière ».

Le lendemain, le 11 mars, Marie-Jeanne m’assurait, avec beaucoup d’application, d’assurance et de pédagogie,  que mon cœur n’avait pas de séquelle et que mon artère, désormais équipée d’un stent actif – sorte de prothèse – était à nouveau saine. « Vous pourrez refaire ce que vous faisiez avant en montagne, vous serez peut-être même meilleur. Mais attention, maintenant, il ne faudra plus vous mettre dans le rouge. Il faudra gérer votre effort ». J’ai pleuré, avec par la fenêtre, la vue sur le parking de Géant Casino.

D’autres cardiologues du service, les docteurs Perriollat, Berthoud et Abid, m’ont expliqué beaucoup de choses, pendant mon séjour de 4 jours. Ils m’ont confirmé que j’aurai pu mourir dans la neige, là-haut au col des Badons. Voire dans l’hélico. Mais Marie-Jeanne Bertrand me l’a affirmé : « Toute la chaine, de vous sur la montagne à nous ici, en passant par le PGHM, a été optimisée. Les choses ne pouvaient pas mieux se passer ».  Autrement dit, chaucune des parties impliquées, de notre cordée avec Thomas à tous les membres du service de cardiologie de la clinique Belledonne, en passant par tous les secouristes, ceux du PGHM de l’Isère, planton compris, Marco le médecin montagne du SAMU, le pilote et le mécano de la sécurité civile, la machine EC145, tout le matériel d’hospitalisation, ont ce mercredi 10 mars donné le meilleur d’eux-mêmes. Tous, nous avons utilisé nos expériences, nos savoir-faire et nos savoir-être, pendant près de 3 heures à partir des symptômes de fatigue, pour sauver une vie : la mienne. Alors oui, il y a aussi une part de chance. Elle est encore assez difficile à estimer, et mon médecin généraliste a eu ces mots : « C’est aussi tout le sport que vous avez fait depuis votre enfance, votre cœur entrainé, qui vous a sauvé ». Remerciements éternels à tous, vous m’offrez une deuxième vie et c’est un cadeau inestimable.

Champ de vision depuis ma PLS au col des Badons. Au fond, l’aiguille de Marcieu ©Thomas Boillot

Je suis heureux – je l’étais déjà mais je vais l’être encore plus – je n’ai pas touché une cigarette depuis 20 jours et je vais arrêter de fumer, définitivement. Pour le moment, c’est assez facile, d’ailleurs. Cette semaine, j’ai entamé la réadaptation cardiaque à l’hôpital sud à Échirolles, dans le service dédié de la cardiologue Marianne Noirclerc, à raison de 4 séances de 3 heures chacune par semaine, pendant 4 semaines.

Merci particulier à Thomas Boillot, si cher ami et compagnon de cordée historique, à mes côtés sur la montagne le 10 mars, et toujours. Également à toutes les infirmières et aide-soignantes de Belledonne, qui ont été très sympathiques, pro et disponibles pendant mon hospitalisation : Frédérique, Valérie et Marion, notamment. Et merci enfin aux personnes – une quinzaine – qui par leurs messages, leurs appels, m’ont aidé à traverser cette épreuve et m’aident toujours, aujourd’hui. Elles se reconnaîtront.

Tous les feux sont aujourd’hui au vert, la vie est merveilleuse et je vais l’honorer.

Prenez soin de vous.

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