Food Trek, c’est un condensé de savoir-faire ou plutôt de savoir cuisiner pour se faire plaisir en montagne ou en rando itinérante, que ce soit à pied ou en vélo. Méthodes des préparation, de conditionnement, recettes originales : tout est dans ce bon petit livre !

Quand vous avez débuté votre carrière d’alpiniste ou de trekkeur par une collection de boîtes de thon, voire de sachets de chips, se plonger dans ce livre de cuisine vous fait mesurer la distance qui vous sépare encore de la félicité. Alors certes, on a abandonné ladite boîte de thon depuis longtemps, de même que les barres Grany, pour les mêmes raisons : celles d’avoir tant mangé, et abusé, de ces nourritures industrielles et peu goûteuses. Comme si en montagne la nourriture ne se devait qu’être carburant et pas plaisir. L’auteur Elena Battisti marque le distinguo pour mieux en finir : oui il est possible de bien s’alimenter en rando, même sur plusieurs jours, tout en ayant une nourriture riche (le « fuel ») et plaisante (le « fun ») aux papilles.

Avant de nous livrer ses recettes pour la rando itinérante, Food Trek détaille plusieurs domaines touchant à notre alimentation de plein air, comme diraient les cousins québécois. Car bien sûr, un bon voyageur à pied (ou à vélo) est d’abord un voyageur bien nourri. Alors les solutions existent, mais il s’agit déjà de savoir les qualités des aliments et des nutriments, les modes de conservation, et bien sûr, la clé de cet ouvrage et de votre abandon des boîtes de poisson : la préparation en amont ! Car bien sûr, comme chez soi ou au bureau, bien manger sur le tour du Mont Blanc requiert de l’anticipation – et un peu de boulot, œuf corse.

La clé en food trek ? La préparation en amont, oeuf corse !

Le secret des Robinsons des Écrins ? Bien manger, et emporter des bidons de muesli maison ! © J. Chavy

Il y a trois bonnes raisons à cuisiner soi-même. C’est sain, cela permet de manger exactement ce qu’on aime, et c’est beaucoup, beaucoup moins cher que les lyophilisés du commerce. Si vous avez déjà mis trop d’eau, ou pire, passez d’eau dans un lyoph’, rendant le plat soit à sa forme liquide proche de celle qu’il aura une fois évacué, ou soit plein de boulettes à mastiquer (très) lentement, alors vous voyez ce que je veux dire. Food Trek détaille les plats par catégorie : entrée, plat, dessert. Et ça fait rêver. Exemples ? Curry de sarrasin et betterave rouge. Mais le livre n’oublie pas les solutions légères et cheap, comme les nouilles de riz à cuisson rapide. Ni les desserts maison (des dattes fourées, ni les snacks salés ou sucrés, dont le fameux GORP (Good Old Raisin and Peanuts) alias trail mix, à base de noix de cajou, saveur provençale ou indienne, au choix. Miam, un livre à mettre dans toutes les bibliothèques outdoor et montagne !

Food Trek, la cuisine pour les voyageurs à pied ou à vélo, Elena Battisti et Thibault Blais, éditions Glénat. 168 p, 15 euros.