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Onze ans après le premier, Philippe Mussatto vient de livrer le Tome 2 d’Itinéraire d’un Grimpeur Gâté. Après la rencontre du grimpeur et du topographe, poursuivons avec celle du peintre, de l’aquarelliste. Aussi réservé qu’inclus dans sa peinture, l’ouvreur de parois y développe un univers époustouflant et méconnu. Attention, pigments philosophaux : il se pourrait que vous ne reveniez pas intacts de cette plongée en lavis-alpin.

De la pierre au papier, il n’y a qu’un pas. Philippe Mussatto pratique ce petit écart depuis quelques décennies. L’agrégé d’arts plastiques se confond avec l’ouvreur de grandes voies. Nous connaissions le Phil illustrateur de ses topos, annotant ses schémas, tremblant le jambage d’un « P ». Scolopendres graphiques, liberté de la main qui s’envole. Même dans l’écrit, chez Mussatto, s’animent quelques longueurs de corde souple.

Mais la sortie du Tome 2 de son Itinéraires d’un Grimpeur Gâté, nous secoue : préfacé par Sylvain Tesson, le livre invite à foncer enfin dans son univers. Or, ce monde s’élabore en aquarelles granitiques. Depuis des années, Philippe Mussatto travaille d’après photo. On pourrait stopper là : laisser le montagnard dans son alpage secret, creuser son sillon. Ce serait demeurer en lisière.

En 2020, Mussatto présentait ses nouvelles aquarelles – de montagne. S’il est des peintres de Marine, l’homme manie le pinceau jurassique. Alors le choc se fit, confirmant que nous passions à côté depuis longtemps. Car sa mécanique picturale est aussi simple qu’onirique. Au royaume du lâcher prise, Philippe

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