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Non, la reprise des professionnels de la montagne n’est pas pour tout de suite. Même si par décret ceux-ci sont bel et bien autorisés à travailler, c’est sous le joug des conditions dictées par le Ministère des Sports, règles ubuesques qui vont de l’interdiction des relais – donc alpinisme et escalade grande voie – à la distanciation impossible à mettre en oeuvre. Plutôt que de lutter contre ces restrictions, le Syndicat Interprofessionel de la Montagne tente de faire amender les consignes ministérielles, tandis que nombre de guides constatent l’impossibilité qui leur est faite de travailler jusqu’à nouvel ordre.

C‘est une victoire à la Pyrrhus, une victoire au goût amer. Le 12 mai, le Syndicat National des Guides de Montagne annonçait la confirmation que le préfet de Haute-Savoie autorisait, sur instruction du Ministère des Sports, la reprise partielle des activités professionnelles des guides, la confirmation du décret paru le 11 mai. Christian Jacquier, Président du SNGM annonçait hier, par communiqué : « c’est un soulagement pour notre profession qui a été durement impactée économiquement ce printemps. C’est aussi une bonne nouvelle pour tous les amateurs de course en montagne qui pourront s’appuyer sur les professionnels. » Un satisfecit pour le moins prématuré.

L’État, ou ceux qui le représentent comme le préfet de Haute-Savoie, celui qui interdit le bivouac en montagne dans le 74, aurait-il écouté la demande des guides de pouvoir exercer ? La réponse est à l’inverse de ce que certains confrères ont écrit ailleurs, et elle tient en un mot : c’est non. Dans la réalité, et jusqu’au 2 juin pour l’instant les guides ne peuvent exercer réellement leur métier, puisque seule la randonnée, le ski de randonnée à la journée (en Haute Savoie) ou en bivouac (73 et 05, avec une limite neige entre 2200 et 2500m), et la randonnée glaciaire sont autorisés. Comme d’autres, la profession est enterrée sous la jungle des des injonctions ministérielles et des décrets – dont celui, épais, du 11 mai, décortiqué ci-dessous. Et les professionnels soumis aux arrêtés des préfets, qui choisissent de suivre, ou non, les préconisations ministérielles, comme nous allons le détailler ici. S’il y a reprise de l’activité, elle est fictive (…)

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