« La haute montagne et les pauvres sont deux mondes étrangers »

Entretien avec Hugues Chardonnet de l'association 82-4000 Solidaires

Au Sommet du Râteau, groupe de Montmagny ©82-4000

Créée il y a dix ans, l’association 82-4000 Solidaires a vocation à faire découvrir l’alpinisme à des personnes en situation de grande précarité. Hugues Chardonnet, son co-fondateur, défend le droit au loisir pour toutes et tous dans son livre Les Sommets sont à tous !, co-écrit avec Laureline Dubuy et paru le 7 septembre aux éditions Glénat. Entretien.

« La grande originalité de l’association 82-4000 Solidaires est de rapprocher deux mondes étrangers : la haute montagne et les pauvres », peut-on lire en première page de votre livre Les Sommets sont à tous !. C’est une réalité qui dérange… La haute montagne est-elle réellement réservée aux riches ?

Hugues Chardonnet : Cela dépend de la définition qu’on donne au terme « réservé ». Si on parle d’une volonté délibérée, je réponds non. Car la montagne, c’est l’inverse, c’est un environnement naturel ouvert. Par contre, c’est un fait d’observation aujourd’hui : en France et plus largement en Europe, les pratiquants de l’alpinisme sont des gens qui sont favorisés, économiquement et culturellement. Quand on a saisi à l’intérieur de soi-même tout le bénéfice que représente la découverte de ce milieu magnifique, du contact avec notre maison-mère, la nature, on constate combien c’est cruel qu’il en soit ainsi. Pour mieux comprendre, c’est exactement comme un musée : on recueille des choses très belles, le lieu est par définition ouvert à tous mais quand on y va, on croise 90 % de gens favorisés. C’est ce qui a donné l’idée de

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