On ne les présente plus. Derrière leurs airs de grands enfants jovials un peu décalés, Sean Villanueva O’Driscoll et Nicolas Favresse traînent derrière eux un sacré palmarès d’expéditions – et une sacré filmographie : Riders on the Storm, Venezuela jungle jam, China jam ou Dodo delight… Leur terrain d’aventure ? L’exploration verticale, engagée et musicale.
En 2013 déjà, on découvrait les Belges dans Venezuela Jungle Jam. Ils y ouvraient une voie sur un mur déversant de 500 mètres en pleine jungle, vivant dans la paroi pendant des jours, entre grimpe et gratte. Leur signature c’est du big wall, des conditions improbables, et toujours une guitare qui traîne quelque part.
Si on savait qu’on y arriverait,
à quoi bon essayer ?
Alors forcément, quand ils sortent un nouveau film, dans le cadre de la tournée estivale 2026 de Montagne en Scène, on sait déjà un peu à quoi s’attendre mais on fonce toujours autant, et les yeux fermés. Cette fois, les deux Belges sont à nouveau accompagnés de leur compatriote Jean-Louis Wertz, grimpeur et photographe au regard affûté, et d’Aleksej Jaruta, une jeune recrue suédoise qui ne manque pas d’audace.
Le départ se fait de Paimpol à bord du voilier Kamak. Les deux semaines de navigation donnent très vite le ton du film : de la testostérone, certes, mais diluée dans une bonne dose d’autodérision et des blagues au millième degré : « Si un ours te poursuit, t’as pas à courir plus vite que l’ours. Il faut juste courir plus vite que ton pote ».
Puis vient l’arrivée dans le décor irréel du Mythic Cirque, sur la côte Est du Groenland. Le joyeux quatuor se retrouve entouré de tours de granite surplombant le fjord. Les parois sont brutes et hypnotisantes, parfaites pour y installer leur camp de base pour les six semaines suivantes.
La première tour grimpée est la Father tower, la plus haute et la plus impressionnante. Ils y ouvrent une voie en une journée seulement. « Ouvrir une voie à vue du sol avec peu de préparation, c’est un peu difficile », rigole Sean.
La seconde cible est la Siren tower, une aiguille raide encore jamais gravie entièrement malgré plusieurs tentatives : « C’est tellement délicat, c’est exactement ce qu’on cherche : être à la limite du possible. Si on savait qu’on y arriverait, à quoi bon essayer ? ». Spoiler alerte : la fine équipe réussit l’ascension avec brio.
Les tenues sont excentriques,
les situations sont absurdes,
les rires sont omniprésents
« Quinze ans d’expé et on ne sait toujours pas ce qu’on fait », sourit Sean. Parce que ce qu’ils font, c’est du popcorn en paroi, chanter et jouer des notes qui résonnent au fond du fjord. On grimpe mais surtout, on vit.
Les tenues sont excentriques, les situations sont absurdes, les rires sont omniprésents. Et pourtant, derrière cette légèreté apparente, il y a une vraie réflexion sur les façons de partir en expédition. « On vient ici pour les amitiés uniques que ces aventures créent. Les moments partagés sur l’océan. Passer le flambeau aux générations. On perd des kilos, mais on gagne tellement d’amitié. »
Alors si on revient toujours aux films des expés de Villanueva, c’est pour cette belle synergie, cette liberté et cette façon unique de vivre l’aventure. La cerise sur le gâteau.






