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Catastrophe en Himalaya indien : avalanche, rupture de lac glaciaire ou crue torrentielle ?

Effondrement d’un glacier, vidange glaciaire, lave torrentielle ? Beaucoup d’hypothèses ont été émises quant aux origines de l’inondation catastrophique de l’Uttarakhand en Inde, survenue le 7 février 2021. Elle aurait fait près de 250 morts. Mais les arguments pour en étayer l’origines restent bien minces. Nous vous proposons donc d’objectiver les faits au regard des données maintenant disponibles de ce qui représente pour beaucoup une catastrophe symbole du réchauffement climatique.

 

La première étape de l’analyse est de décrire le phénomène qui s’est produit au niveau des zones d’enjeu, comme le site de construction du barrage. Les vidéos sont brutales et impressionnantes. Mais au-delà de l’émotion, elles apportent des informations précieuses. On y voit donc l’arrivée d’un écoulement très puissant qui dévaste tout sur son passage. L’impact et les remous générés par cet écoulement font qu’on ne peut pas en observer sa nature. Une fois le front passé, la suite de la vidéo permet de mieux distinguer l’écoulement et sa nature. On observe clairement un écoulement monophasique, c’est-à-dire que l’eau et les sédiments sont mélangés, avec de très gros blocs flottants à la surface. Cet écoulement est donc une lave torrentielle. Pour ce type d’évènement, on retient souvent une proportion de 50% d’eau et 50% de sédiment. S’il s’agit plus d’un écoulement hyper-concentré, la proportion d’eau augmente.

Les hauteurs qu’ont atteintes la lave sont assez spectaculaires : au moins plusieurs dizaines de mètres. Les hauteurs qu’ont atteintes l’écoulement sont assez spectaculaires : plusieurs dizaines de mètres. Pour arriver à de telles valeurs, le débit doit atteindre – a minima – plusieurs centaines de mètres cubes par secondes. D’après la communication personnelle d’un ingénieur local, la lave torrentielle de Chamoson en 2019 avait été estimé à 200 m3/s (eau + sédiments). Ce rapide calcul permet surtout d’estimer qu’il a fallu un apport d’eau conséquent pour générer la lave. Renforçant l’hypothèse initiale d’une rupture d’un barrage naturel, mais la suite n’est pas aussi simple.

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