Il y a quarante ans, le 30 août 1986, Erhard Loretan et Jean Troillet atteignaient le sommet de l’Everest par sa face nord, sans oxygène, sans corde, sans tente, sans rien, en 43 heures aller-retour : le style alpin poussé au paroxysme. Radicale, cette ascension éclair par le couloir Hornbein – one push dirait-on aujourd’hui – est presque inconcevable à 8848 mètres. Quarante ans plus tard, leur Everest reste l’un des exploits parmi les plus marquants de l’histoire de l’himalayisme. Une ascension inégalée, parce qu’inégalable ?
Ils ont marché sur la Lune. C’est à peu de chose près la dimension, et le niveau d’engagement de l’exploit de la cordée suisse, le 30 août 1986. Pas de bouteilles d’oxygène. Pas de tente. Pas de cordes fixes. Une nourriture réduite au minimum. Loretan expliquera plus tard avoir emporté moins d’un kilo de vivres et d’eau par tête. Leur assurance-vie tient
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