À Flatanger, dans cette grotte de Norvège devenue l’un des laboratoires du très haut niveau en escalade, Jakob Schubert s’attaque à une ligne équipée dix ans plus tôt par Adam Ondra, longtemps connue sous le nom de Project Big. Le film de Johannes Mair a l’intelligence de ne pas réduire l’affaire à une cotation – 9c, soit l’extrême actuel de l’escalade sportive – mais de montrer ce que cette cotation implique de doutes, d’essais, de météo capricieuse, de discussions de méthode et de solitude mentale.
La caméra suit l’athlète autrichien au plus près, sans fabriquer artificiellement le suspense : il est déjà là, dans l’enchaînement improbable d’une voie qui demande à la fois puissance, précision et abandon. On y voit aussi combien ces premières ascensions, que l’on imagine volontiers individuelles, sont des histoires collectives : Ondra, les assureurs, la communauté qui suit l’aventure en direct.
B.I.G. est ainsi un film sur la perf’, bien sûr, mais surtout sur la fabrication patiente de cette perf’, cette part invisible où l’escalade devient une obsession, avant de devenir un moment d’histoire, le 20 septembre 2023. Le film sort enfin ce 18 juin.

