Les plus beaux canyons des Préalpes 1/2

Chartreuse, Ain, Bauges

Canyon de l'Infernet ©JC

Massifs calcaires, les Préalpes du Nord sont riches de possibilités en escalade, mais aussi en canyon, là où l’eau a creusé son chemin. Entre Grenoble et Chambéry, en Chartreuse, dans les Bauges, mais aussi dans le département de l’Ain, de superbes itinéraires sont à découvrir. Fruit d’années de pratique, voici notre sélection des plus beaux canyons des Préalpes, première partie : encaissements exceptionnels et grandes verticales, mais aussi des canyons abordables au menu. Le Vercors est à lire dans une deuxième partie.

1
Le canyon de l’Infernet – Chartreuse

Ce n’est sans doute pas un canyon pour débutant, loin de là. Court mais spectaculaire, aussi étroit qu’un slot canyon de l’Utah, l’Infernet est un canyon situé à deux pas de Grenoble, mais sans concession, et souvent, avec un débit conséquent. Vous serez avisé de ne pas vous lancer dans ce canyon après une période de pluie, hors été, ou en fin de journée s’il y a un risque d’orage. Soutenus, sans échappatoire, le canyon de l’Infernet vous met dans l’ambiance dès le départ : une cascade de 30 mètres qui plonge dans le noir ! Une déviation permet de ne pas se faire trop assommer par l’eau, mais la suite est du même acabit. Là plus qu’ailleurs, mieux vaut sortir la corde pour franchir les obstacles que de sauter sans les avoir vérifié : idem pour les toboggans. En bonnes conditions, l’affaire est rapidement pliée, en une heure ou moins, et l’on ressort de cette étrange faille à la beauté saisissante en ayant le sentiment d’y avoir passé bien plus de temps.

Approche de la C30, le crux de l’Infernet. ©JC

Accès : route de Quaix en Chartreuse. Accès rapide par le haut, sentier puis sente en sous-bois très glissante, prudence et encordement si nécessaire.
Retour : à la sortie du canyon, remonter par une sente en rive droite.

Caractère : canyon court mais difficile, aquatique, à entreprendre par débit raisonnable

Difficulté : V5 A4 III

Corde : 2×25 m
Approche : 15 min
Durée : 1 h
Retour : 30 min
Infos : Descente-canyon.com

 

L’incroyable beauté du canyon de l’Infernet. ©Jocelyn Chavy

Infernet. ©JC

2
Le canyon de l’Alloix – Chartreuse

En Grésivaudan, sur le rebord oriental de la Chartreuse, le canyon de l’Alloix est souvent très courtisé, et pour cause. Dans son écrin de verdure, c’est un bijou, et même si les sauts et obstacles ludiques sont rares, l’ambiance entre forêts et beaux rappels laisse de beaux souvenirs. Comme le jour où nous avons décidé, au printemps, de descendre ce canyon alors que le débit était très fort. Même en connaissant parfaitement les lieux, et même en employant les techniques de corde pour accéder aux rappels, il nous a semblé plus sage de stopper la descente après la C43, celle dont vous voyez les photos ici ce jour-là. C’est un autre atout de l’Alloix : on peut en sortir (presque) quand on veut. Et vive la Chartreuse verte !

Accès : St-Vincent de Mercuze. Parking à Montalieu ou navette.
Retour : sentier rive gauche pour rejoindre la route

Caractère : canyon agréable, pas engagé, dans un cadre bucolique, avec toutefois des rappels nécessitant savoir-faire et pose de mains courante pour leur accès.

Difficulté : V4 A3 I

Corde : 2x 45 m
Approche : 45 min
Durée : 2h30 à 3 h
Retour : 5 min
Infos : Descente-canyon.com

 

Accès au grand rappel de l’Alloix, ici en conditions délicates. ©Jocelyn Chavy

Le grand rappel de l’Alloix, ici en très gros débit. ©Jocelyn Chavy

3
Canyon de Gorgette-Craponoz – Chartreuse

Sensibles au vertige, s’abstenir ! Plus sérieusement, la cascade de Craponoz offre la plus grande verticale d’un trait en canyon des Préalpes, avec 120 mètres ! Autant dire que ce mastodonte est réservé aux canyonistes, cordistes, spéléos experts. Avec une corde à simple de 120 m pour franchir Craponoz, que l’on raboute à 2 x 60 mètres. Justement, si vous n’avez pas de descendeur spéléo, ou l’expérience requise, ou un brin de 120 m, vous pouvez faire un beau parcours en descendant uniquement la première partie, le ruisseau de Gorgette, ou 2 x 60 mètres (seulement) sont nécessaires. Une remontée tonique par le sentier du facteur permet d’éviter la dernière cascade, celle de Craponoz. Un bon moyen de découvrir l’ambiance du lieu, car Gorgette présente déjà deux belles verticales.

Dans les rappels de Gorgette ©JC

Accès : St-Pancrasse, Bernin et Crolles. Navette.
Retour : sentier rive gauche après Craponoz. Échappatoire avant la 120 m pour shunter celle-ci et remonter par le sentier du facteur (et sans navette du coup).

Caractère : canyon vertigineux, l’une des plus grandes cascades des Préalpes (120 m). Le rappel surplombant de plus de 115 m est inoubliable, et technique : descendeur spéléo conseillé. Et équipiers, pour porter 240 mètres de cordes…

Difficulté : V5 A2 IV

Corde : 2x 115 m
Approche : 15 min
Durée : 4h à 6h
Retour : 20 min
Infos : Descente-canyon.com

 

Gorgette bien arrosée. ©JC

Le vide intersidéral du rappel de 120 mètres de Craponoz, le plus haut de la région ©Jocelyn Chavy

4
Canyon du Grenant

Sans doute le plus abordable de notre sélection, le canyon du Grenant (ou Grenand) est un petit bijou, offrant de nombreuses cascades, certaines en rappel, d’autres se sautent. Le tout dans un beau cadre vert et …rafraîchissant. Situé sur les rives de la Savoie, cet itinéraire fréquenté par les pros permet aux canyonistes de se familiariser avec l’activité, sans engagement puisqu’il est possible de s’échapper à de multiples reprises. A faire et à refaire.

Accès : La Bridoire. Ne pas se garer devant l’Eglise, départ du sentier, mais en face, suivre la petite rue jusqu’au portail vert, parking dédié. Sans navette, emprunter un sentier rive droite jusqu’à la ferme des Combes, traverser le ruisseau, puis poursuivre rive gauche, en prenant à gauche aux intersections. Compter 50 min. 
Retour : sortie rive gauche, petite passerelle, et on atteint l’Eglise.

Caractère : canyon abordable, idéal pour initiation et enfants. Échappatoires possibles. Un rappel, celui de la grotte, est délicat selon le débit, sinon RAS. Soyez discrets sur le chemin d’accès et dans le canyon, pour que la pratique continue à être acceptée. C’est valable partout, mais encore plus ici.

Difficulté : V3 A4 II

Corde : 2x 15 m
Approche : 50 min
Durée : 2h30 à 3h
Retour : 2 min
Infos : Descente-canyon.com

 

Beau rappel dans le canyon du Grenant. ©Jocelyn Chavy

L’ambiance du Grenant, pas de stress ! ©JC

5
Canyon du Groin – Ain

Exceptionnel, le canyon du Groin n’est pas à mettre entre toutes les mains. Le ruisseau de l’Arvière, dans l’Ain, a taillé dans le calcaire une faille extrêmement encaissée : la lumière par endroits peine à entrer, entre l’étroitesse de lieux et la hauteur. Le canyon du Groin est très engagé, avec au moins un siphon obligatoire à passer, des difficultés pour le moins inhabituelles. Mais la récompense est à la hauteur : la lumière qui, à la mi-journée, éclaire par quelques touches l’intérieur de ce canyon hors du commun. Ce canyon alimenté par une résurgence pouvant subitement monter en charge. Là encore, un professionnel aguerri (DE canyon), à même de décrypter le niveau d’eau adapté, pourra vous permettre de découvrir en toute sécurité ce lieu incroyable.

 

Accès : Artemare, dans le Bugey, département de l’Ain.

Caractère : canyon engagé, aquatique. Lampe étanche type spéléo indispensable. Encadrement pro vivement conseillé !

Difficulté : V2 A4 IV

Corde : 2x 15 m
Approche : 20min
Durée : 2h30
Retour : 5 min
Infos : Descente-canyon.com

 

Canyon du Groin, près du siphon. ©Jocelyn Chavy

Lampes spéléo et/ou de secours indispensables. ©JC

L’ambiance exceptionnelle du canyon du Groin. ©Jocelyn Chavy

5
Canyon du Pont du Diable – Bauges

Qu’il est beau, ce canyon ! Ne vous laissez pas impressionner par son nom, le Pont du Diable, et la vue qu’on peut en avoir depuis ce point. Avant l’étroit proprement dit, il est possible de suivre, en amont, une partie ludique et forestière, avec des obstacles raisonnables, qui peut convenir à une initiation ou à des enfants. Si l’on poursuit, on rentre dans le vif du sujet, le canyon du Pont du Diable, engagé, avec quelques beaux sauts et rappels arrosés, mais aussi une progression sur corde facilitée par celles mises en place par les pros qui bossent dans ce canyon. Si ces cordes ne sont plus là, ou si elles sont endommagées, il faudra alors être prêt à les installer soi-même. Reste l’ambiance spectaculaire de ce canyon, superbe !

Accès : Lescheraines, Bellecombe-en-Bauges

Caractère : canyon engagé mais court, spectaculaire, à éviter après des pluies ou par débit important. L’été est la meilleure période.

Difficulté : V4 A5 III

Corde : 2x 15 m
Approche : 15min
Durée : 1h à 2h
Retour : 15 min
Infos : Descente-canyon.com

 

Jump ! Début de l’encaissement. ©JC

Florian Sautel, moniteur de canyoning dans son élément. ©JC

Passage technique facilité par une corde fixe. ©Jocelyn Chavy

Un moniteur heureux, Fabien Maierhofer. Canyon du Pont du Diable. ©JC

Autres canyons conseillés

Dans l’Ain, près de l’Isère, le canyon de la Pernaz, à Serrières de Briord, idéal pour débutants.

Entre Isère et Savoie, le canyon des gorges de Chaille, la descente du Guiers, gros débit important toute l’année, engagé et physique (nage).

Sur le rebord est de la Chartreuse, le canyon du Cernon, canyon original et peu fréquenté.

En Chartreuse, mais en altitude, le canyon de Charminelle, sous la Grande Sure.

Dans les Bauges, le canyon de Ternèze-Boyat, idéal pour les enfants.

Sur les rives des Bauges, le canyon des Lavanches, une aventure pour canyonistes confirmés.

En Bauges, mais en Haute-Savoie, le canyon de Montmin, beau mais fréquenté.

 > Faites appel aux professionnels – DE Canyon, guides – pour vous encadrer, découvrir les techniques canyoning ou vous perfectionner.

A lire également :

Les plus beaux canyons des Préalpes du Nord, 2ème partie, Vercors.

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