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Deuxième partie des souvenirs de Jean-Luc Rigaux, photographe de la dernière expédition nationale française. C’était en 1979, au K2. Il y a côtoyé les plus grands alpinistes de leur génération, oscillant sur le terrain entre les impératifs de communication, de publicité et d’ascension. A la vue de l’expédition népalais de 2021, Rigaux ose la comparaison. Etait-ce même la première tentative hivernale dès 1979 ? 

 

Les natifs du XXIème siècle ne peuvent même pas imaginer la chose. On utilisait de la pellicule en ce temps-là. Le film a été tourné en 35 mm tandis que pour les photos outre le matériel 35 mm, j’ai utilisé deux (lourds) boitiers 6 x 6 cm Hasselbad spécialement préparés à l’usine en Suède pour fonctionner par – 40°c.

La logistique communication était à la hauteur de l’objectif. A défaut de haute technologie le système D était de mise pour communiquer au plus vite avec Paris. Tout est parti d’une demande de Lafuma qui avait émis le souhait d’utiliser une photo de l’expédition pour illustrer son catalogue qui devra sortir début septembre, bien avant que l’on soit rentrés à la maison ! Yaka – fastoche !

Durant la marche d’approche, je réalise un shooting spécial Lafuma. Dans la pratique, je grille les 36 vues d’une seule pellicule diapos. Le film est ensuite remis à un mail runner… Un porteur qui pour une poignée de roupies, prend ses jambes à son cou pour redescendre dans la vallée. Uber n’a rien inventé. En petites foulées et en une semaine, il rejoint le point de départ du pont de Shitral où l’attend une jeep qui le conduit, encore une journée, jusqu’à Skardu et son aéroport.

(la suite pour les heureux abonnés)

Robert Paragot en visite au Camp 2. ©Jean-Luc Rigaux

Première partie : K2 1979, SOUVENIRS DE LA DERNIÈRE EXPÉDITION NATIONALE FRANÇAISE : DES MOYENS PHARAONIQUES

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