Le ski-alpinisme a fait ses débuts olympiques à Milan-Cortina dans deux formats courts et spectaculaires, formatés pour la télévision : le sprint individuel, et le relais mixte. En sprint, la Française Emily Harrop a remporté la médaille d’argent, tandis que Thibault Anselmet remportait la médaille de bronze. Ce samedi, les deux ont remporté l’or en relais mixte.
Le relais mixte ? Ce sont ces deux athlètes qui compose l’équipe de relais mixte. Chaque équipe est composée d’un homme et d’une femme qui enchaînent 4 boucles sur un parcours alternant montées avec peaux, sections où l’on doit porter les skis sur le sac et descentes. Le format privilégie la rapidité des transitions, l’aisance en montée et la maîtrise du terrain en descente.
À ce jeu, le duo français figurait parmi les favoris. Et à l’arrivée, le duo Harrop-Anselmet remporte la médaille d’or, avec 4 tours (deux pour chaque athlète) en 26 minutes 57 secondes, avec une belle avance de plus de onze secondes (11’9) d’avance sur l’équipe suisse. « Je suis heureux et c’est la récompense de beaucoup d’efforts » explique Anselmet à l’arrivée au micro de France 2, « c’est toute une vie et c’est pas tous les jours facile ».
plus le format est court, plus il favorise et valorise la rapidité des manipulations
Le relais demande un duo équilibré, et chacun avec sa médaille en sprint a prouvé jeudi dernier qu’il figurait dans le top mondial, même si Harrop espérait l’or plutôt que l’argent. En relais mixte, les transitions sont également cruciales.
C’est sans doute l’une des critiques que l’on peut formuler à l’endroit de ces premiers JO de « ski-alpinisme » : chaque seconde de perdue à enlever les peaux ou à enclencher ses fixations a autant d’importance que le reste. Sans doute le nom « ski-alpinisme » n’est pas le plus à même de décrire les épreuves des JO en question.
Ce n’est pas nier le caractère télévisuel et explosif des ces premiers jeux du ski-alpinisme que de pointer cette appellation qui suscite une légitime interrogation : aux JO d’été, les courses de demi-fond ne s’appellent pas du marathon.
En « skimo », plus le format est court, plus il favorise et valorise la rapidité des manipulations autant que la performance sportive en montée ou en descente.
À Bormio, le spectacle du relais mixte avait en tous cas un argument « sportif » que le sprint n’avait pas : c’est une course à deux, certes courte (une petite demi-heure) et en relais, mais à deux quand même, une lointaine filiation avec les « grandes courses » de ski-alpinisme comme la Pierra Menta.
L’ISMF a accepté ces formats hyper courts pour passer sous les fourches caudines du CIO, et certains athlètes ont joué le jeu. L’équipe de France revient de Bormio avec trois médailles, et l’espoir sans doute que la course individuelle soit présente aux prochains Jeux. Dont personne, à l’heure actuelle, ne parierait sur le lieu.


