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Rendez-vous chez Cécile, ou plutôt Chez Polyte, le refuge du Pic du Mas de La Grave. Située à 1944 mètres d’altitude et rénovée en 2017, cette ancienne maison d’alpage est un vrai nid pour les amoureux de la montagne et des dîners « fait maison », avec vue sur la Meije. 

En y arrivant à pied, en raquettes ou à ski depuis la station de ski familiale du Chazelet, on peut admirer le Pic du Mas de La Grave (3020 mètres d’altitude) qui impose sa présence dans le paysage et qui vient barrer la longue vallée de la Buffe. Il est d’autant plus majestueux quand le soleil le rase en fin de journée.

Mais c’est entre ce Pic et la magnifique Meije, à 1944 mètres d’altitude, que le refuge du Pic du Mas de La Grave s’est établi. Le bâtiment se situe sur la côte Salomon, en bordure du Gâ. Le secteur était autrefois un haut lieu d’échange entre l’Isère, la Savoie et les Hautes-Alpes.

 

Une histoire riche

L’ancienne bâtisse était, dans les années 1650, la propriété des frères Salomon qui auraient découvert des mines d’or à proximité, d’où leur richesse. Le dernier habitant des lieux était, dans les années 1970, un certain Hyppolite, dit Polyte, d’où le petit nom du refuge : Chez Polyte, et l’inscription « Soyez Polyte » qu’on peut lire sur les tabliers de l’équipe.

C’est en 2014 que les ruines sont rachetées à la commune de La Grave par Denis et Victor Lavenant (père et fils) sous forme d’un bail emphytéotique : « Ca veut dire qu’en 2084, le refuge appartiendra de nouveau à la commune de La Grave« , explique Cécile, la gardienne du refuge.

Une fois rénovées et repensées, les ruines ont laissé place à un refuge tout confort qui a ouvert ses portes en juillet 2017 !

Le refuge d’hiver, avec vue sur la Meije. © Lise Balaguer

Le soir, tout le monde se retrouve, crocs aux pieds, pour déguster un bon dîner fait sur place avec des produits locaux et de saison.

C’est au cœur d’une zone d’alpage propice aussi bien à la randonnée à pied qu’au ski que Cécile a posé bagages il y a maintenant quatre ans. Après des études d’ingénieur et une formation de gardien de refuge, Cécile gère l’entièreté de ce refuge privé d’une trentaine de couchages.

A 32 ans, c’est tout sourire et sans stress qu’elle et son équipe (Gwen et Lise pour le mois de février) accueillent les skieurs et randonneurs pour la nuit (52 € la demi-pension pour un adulte, 38 € pour les moins de 12 ans) ou pour le déjeuner. Le midi, elles proposent en effet des galettes, des omelettes et des crêpes « fait maison » pour une dizaine d’euros. Des bières locales sont aussi disponibles pour les montagnards les plus assoiffés !

Le soir, tout le monde s’installe aux grandes tables du réfectoire, crocs aux pieds, autour d’une soupe de légumes, d’un morceau de fromage de la région et d’un bon plat chaud fait sur place avec des produits de saison. Au dessert : du tiramisu, de la mousse à la crème de marron, du fromage blanc,… Et le matin ? Des céréales, du jambon, du pain, du fromage, du gâteau à la banane,… Un refuge où on se sent comme à la maison !

Gwen raconte l’histoire du refuge aux randonneurs. © Lise Balaguer

Le bar du refuge du Pic du Mas de La Grave. © Lise Balaguer

Le petit plus du refuge ? Un sauna finlandais !

Des livres photos, des jeux de société, des BD, un piano, une guitare – et bon nombre de partitions – sont mis à disposition des randonneurs.

Le refuge jouit d’une autonomie énergétique quasi-totale : une source a été captée et un système d’épuration autonome a été mis en place. Il y a de l’électricité grâce à une installation solaire photovoltaïque, un chauffage central et de l’eau chaude grâce à des panneaux solaires thermique. Oui oui, prendre une douche chaude (de 2 minutes top chrono) est possible ! Mais uniquement le soir, ça fait partie des règles du refuge. L’appoint de chaleur se fait grâce à un poêle à bois (bouilleur) – haut lieu de séchage des chaussettes et des chaussures après l’excursion dans la neige.

Dans ce refuge tout neuf et tout propre, il y a même un sauna finlandais ! Entouré de neige, vous devrez vous frayer un chemin pour profiter de la chaleur tout en admirant le coucher du soleil sur les montagnes.

© Lise Balaguer

Cécile, la gardienne du refuge (à gauche), avec son équipe.

La terrasse… sous la neige. © Lise Balaguer

De nombreux itinéraires autour du refuge

Le refuge du Pic du Mas de La Grave a obtenu le label Esprit Parc national et est entré cette année dans le guide du Parc des Ecrins « Refuges en famille« .

En plus des concerts, spectacles et stages (sur les plantes, le ski de rando ou les raquettes) proposés ou accueillis par le refuge, vous pourrez vous aventurer dans le Parc national des Ecrins en faisant par exemple du ski alpin dans la station familiale du Chazelet. Mais l’atout majeur pour les skieurs est bien le téléski du plateau d’Emparis, qui facilite l’accès au Gros Têt ou à la Brèche. Il suffit ensuite de descendre à ski jusqu’au refuge, en faisant sa trace si l’on est chanceux.

Les amateurs de montagne pourront notamment découvrir la Grande Buffe (2933m d’alt.) par les crêtes, le Pic du Mas de la Grave (3020m d’alt.), la tête du Vallon (2591m d’alt.), la Cime du Rachas (2612. d’alt.)…

© Lise Balaguer

A noter qu’il est aisé de rejoindre le refuge depuis Briançon ou Grenoble en transports en commun : prendre le bus jusqu’à La Grave, puis la navette gratuite (pendant les vacances) jusqu’à la station de ski du Chazelet. Enfin, rejoignez le refuge en 1h30 environ à pied (raquettes ou ski de rando nécessaires en fonction des conditions).

 

Infos

Le refuge est gardé :
– en saison hivernale : de fin janvier au 25 mars 2022 (inclus)
en saison estivale : de mi-juin à mi-septembre

Le refuge d’hiver sera ouvert en gestion libre (hors période de gardiennage) du 3 avril 2022 au 9 juin 2022 (pour 10€/personne/nuitée).

Toutes les infos du refuge sur son site internet.

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