Du 10 au 14 juin, le Chamonix Film Festival revient pour une 6e édition qui promet, une fois encore, de faire dialoguer les cimes et l’écran, l’engagement et l’émotion, la grande aventure et les histoires plus intimes. Des pentes du mont Blanc aux big walls du Yosemite, des Hautes-Alpes au Cerro Torre, de la reconstruction par le sport aux questions très actuelles sur notre manière d’habiter les territoires de montagne, rendez-vous à Cham’ dans un mois pile.
Chamonix, son beau soleil de juin, ses glaciers encore blancs, et son festoche : le Chamonix Film Festival, ce sont des films au Cinéma Vox, mais aussi une ambiance unique, des rencontres uniques – Cory Richards l’année dernière, pour n’en citer qu’une. Et même des projections gratuites en plein air au parc Couttet.
À un mois du festival, on vous fait le récap’ des films à ne pas manquer, et on vous donne rendez-vous sur place : Alpine Mag est le partenaire média du festival depuis sa création, et la rédaction est fière de soutenir cet événement immanquable de début d’été dans la capitale de l’alpinisme.
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Mercredi 10 juin, la soirée d’ouverture ira droit au cœur de l’histoire chamoniarde avec Les Lumières de Vallot, de Bertrand Delapierre. Le film revient sur Joseph Vallot, savant visionnaire qui fit construire son observatoire à 4 362 mètres, tout près du sommet du mont Blanc. Un laboratoire suspendu dans l’air rare, une manière de rappeler que l’histoire de l’alpinisme est aussi celle de la connaissance, de la science, de l’obstination humaine face aux éléments.
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Dans la même soirée, Pas peur du Bonheur, d’Ambroise Abondance, devrait compter parmi les films les plus émouvants de cette édition. À 18 ans, Oscar Burnham perd sa main gauche dans un accident. Le film suit sa reconstruction, de la rééducation jusqu’à l’équipe de France handisport. Sur le papier, cela pourrait être un récit classique de résilience. Mais le film parle d’autre chose : une énergie solaire, de l’humour, et cette capacité qu’a parfois la montagne à remettre du mouvement là où tout semblait arrêté.
La prog’ du jeudi 11 juin s’annonce riche, avec une séance proposée en version française ou anglaise. À ne pas manquer pour ceux qui aiment les films courts qui disent beaucoup : Winner Gets Cake, de Hendrik Faller, présenté en première française. Le sujet ? Le fell running britannique, ancêtre rustique et joyeusement indiscipliné du trail, où l’on grimpe une colline ou une montagne avant de redescendre à fond.
Plus près de nous, Super Cervières, de Mathis Decroux, emmène trois professionnels de la montagne dans la vallée de Cervières, dans les Hautes-Alpes, un territoire resté à l’écart des grands aménagements des années 1970.
Autre temps fort du jeudi : A Thousand Words, de Dom Bush et Matt Sharman, également en première française. Le film part sur les traces de Vittorio Sella, photographe et alpiniste italien qui immortalisa les plus hautes montagnes du monde, dont l’Everest en 1899. Cent vingt-cinq ans plus tard, les réalisateurs repartent au Népal pour retrouver l’emplacement exact d’un cliché historique.
N’oublions pas Big Walls & Bedtime Stories, inédit en France, avec Leo Houlding et sa famille sur El Capitan. Une année d’école buissonnière verticale, des leçons à 600 mètres du sol, des enfants sur portaledge, et la Muir Wall comme salle de classe. Énorme !
Vendredi 12 juin, place à une soirée alpinisme quatre étoiles, avec trois films qui interrogent chacun à leur manière le sens de l’engagement.
D’abord La Chèvre d’Hispar, d’Hugo Clouzeau, présenté en avant-première. Le film dresse le portrait d’Hélias Millerioux, Piolet d’or, mais annonce surtout un récit loin du catalogue d’exploits. On y trouvera des fragments de vie, des camps de base, un caméscope, de la tendresse, et cette hésitation féconde propre aux grands alpinistes : savoir très bien pourquoi l’on part, mais pas toujours où cela mène.
Dans The Anti Expedition, d’Elena Jean, le sommet n’est pas (ou plus) le but. Le film revient sur une expédition de 1971 au mont Tseringma, où trois alpinistes avaient renoncé par respect pour les croyances sherpas. Des décennies plus tard, une équipe retourne dans la vallée sacrée de Rolwaling, toujours au Népal, non pour “cocher” une montagne, mais pour questionner notre manière de voyager.
Enfin, Un jour pour ouvrir, de Mathieu Garcia, ramène l’alpinisme contemporain au premier plan : speed et efficace. Au printemps 2025, Arthur Poindefert, Mathis Garayt et Kilian Mon i ont gravi à la face nord de la Dent du Géant pour y ouvrir une ligne de mixte.
Soirée de clôture
Le samedi 13 juin, la soirée de clôture de la compétition montera encore d’un cran, avec la remise des prix et trois films très différents.
Hamm!, de Tahria Sheather, suit Lindsey Hamm, Texane devenue guide de haute montagne, dans la vallée de Yosemite. Accompagnée de Katie Lambert, figure de l’escalade, elle s’attaque à son premier projet personnel : l’escalade libre de Dream Team. Ou comment une guide habituée à soutenir les autres décide de mener à bien un projet pour elle-même.
Avec Chimères Patagones, Guillaume Broust signe un film très attendu, et un projet de longue date imaginée par Lise Billon. En février 2024, Lise Billon, Fanny Schmutz et Maud Vanpoulle ont réussi l’ascension du Cerro Torre par la voie du Compresseur. Mais le film ne semble pas vouloir rejouer les codes virils de l’épopée patagonienne. Il raconte plutôt une histoire de complicité, de collectif, et une manière plus légère, et différente, de parler de la performance.
La soirée se terminera aussi avec Simon and Us, d’Antonin Claude, consacré au traileur Simon Paccard. Le film le suit de la Pierra Menta à la CCC, d’une histoire solo à un récit plus collectif, là aussi.
Le Chamonix Film Festival ne se jouera pas seulement le soir. À 17h, les ciné-débats viendront prolonger la programmation avec des films et discussions autour de trajectoires humaines, d’héritages, de récits adaptés de livres ou de grandes figures de la culture montagne.
Parmi les rendez-vous annoncés : Les femmes les plus hautes du monde, Beauty in a Fall, Tandem, Le dernier canyon, ou encore L’héritage Samivel.
Et parce qu’un festival de montagne à Chamonix ne peut pas rester enfermé, le parc Couttet accueillera aussi des projections gratuites en plein air, vendredi et samedi soir.
Le samedi, la soirée commencera dès 19h avec un Festi-picnic familial et musical, avant la projection face aux sommets. Vendredi 12 juin, Groenland, les frissons de la terre sera projeté en accès libre.
S’il fallait retenir quelques incontournables, on mettrait en haut de la liste La Chèvre d’Hispar, pour le portrait d’Hélias Millerioux ; Chimères Patagones, pour la cordée Billon-Schmutz-Vanpoulle au Cerro Torre ; The Anti Expedition, pour sa réflexion salutaire sur le renoncement ; A Thousand Words, pour Vittorio Sella et la photographie en montagne ; et Big Walls & Bedtime Stories, pour son angle familial, loufoque et réjouissant sur l’aventure verticale.
Alpine Mag sera présent toute la semaine sur le festival.
Retrouvez les infos, séances et réservations sur le site Chamonix Film Festival.
Rencontres et ateliers au Chamonix Film Festival
À côté des projections, le Chamonix Film Festival cultive aussi ce qui fait son sel : les rencontres. Le PlanB, camp de base du festival depuis ses débuts accueillera plusieurs rendez-vous gratuits, entre exposition, ateliers et temps d’échange.
Dès le 10 juin, l’exposition A Thousand Words croisera les images de Matt Sharman, Vittorio Sella et Hamish Frost pour relier photographie de montagne d’hier et d’aujourd’hui. Le même jour, la Journée Pro réunira les acteurs du cinéma de montagne et d’aventure autour des enjeux de production, de réalisation et de diffusion.
Le 11 juin, la 3e Journée Montagne Sociale et Solidaire, organisée avec la Fondation Petzl, rappellera que la montagne peut aussi être un terrain d’inclusion. Dans un registre convivial, le Verre des Montagnardes, proposé avec le festival Femmes en Montagne, offrira un espace de rencontres entre pratiquantes.
Suivront un atelier d’écriture autour du cadavre exquis, animé par Pascale Farges et Hervé Bodeau, un atelier de réparation de vêtements outdoor avec Patagonia, ainsi qu’un atelier cartographie présenté par Whympr.
Autant de respirations entre deux films, qui prolongent l’écran par la discussion, la pratique et le partage. Infos ici.







