Les lumières de Vallot, le film à la mémoire du scientifique amoureux du mont Blanc

Rencontres Montagnes et Science

En 1887, pour prouver qu’il est possible d’y vivre, Joseph Vallot et ses guides passent trois jours et trois nuits au sommet du mont Blanc. Géographe, naturaliste et alpiniste, Joseph Vallot a dédié sa vie au mont Blanc. Il est le premier à avoir mesuré les mouvements des glaciers. Le réalisateur Bertrand Delapierre lui consacre un film passionnant, Les lumières de Vallot. Il sera l’un des films à ne pas manquer durant les Rencontres Montagnes et Science de Grenoble (au sein de Ciné Montagne), le 8 novembre prochain.

Nous l’avions redécouvert grâce au livre d’Eliane Patriarca, Joseph Vallot, l’histoire méconnue d’un savant alpiniste aux Éditions Glénat. Nous le redécouvrons à nouveau dans le film d’une trentaine de minutes Les lumières de Vallot de Bertrand Delapierre, alors qu’on fête cette année le centenaire de sa disparition. Joseph Vallot, l’alpiniste, le météorologue, le glaciologue, le géologue, le botaniste, le physiologiste… Touche à tout, il a une place d’honneur dans les cœurs des scientifiques du massif du Mont-Blanc… et dans tous ceux des curieux de ce milieu.

Partons à la rencontre de nombreux personnages et lieux. Car l’objectif de ce documentaire est de redonner sa juste place à Joseph Vallot, une place qu’il mérite dans la mémoire collective pour avoir su unir, avant l’heure, la science et l’alpinisme, la curiosité et le travail de terrain.

redonner sa juste place
à Joseph Vallot

Les lumières de Vallot, un film des Rencontres Montagnes et Science, le 8 novembre à 14h au Palais des Sports de Grenoble.

Joseph Vallot.

Rendre à Joseph Vallot sa grandeur, comme le présente Eliane Patriarca, car il est partout, du massif du Mont-Blanc aux rues de Chamonix. Le fil rouge du film est l’ascension du mont Blanc : un clin d’oeil à celui qui a signé pas moins de 34 ascensions du toit de l’Europe. Vallot « avait cette capacité rare à voir la montagne comme un tout : alpinisme, écologie, glaciologie », souligne Ludovic Ravanel, géomorphologue et héritier des recherches de celui qui vécut au 19ème siècle.

Ses nombreuses mesures, notes et recherches irriguent d’ailleurs toujours la science contemporaine. En témoigne par exemple Brad Carlson, guide de haute montagne et écologue, qui se sert des herbiers Vallot pour étudier quelles plantes survivent et s’adaptent en haute altitude. Convaincu qu’on ne pouvait comprendre la montagne qu’en la vivant, il passa de nombreux séjours en montagne, dont trois jours et nuits à étudier, mesurer, observer depuis le sommet du mont Blanc. C’était une première alpinistique et scientifique. 

Extrait du film Les Lumières de Vallot. ©B. Delapierre

Mélange d’archives et de prises de vues magnifiques, entre séracs, parois et recherches scientifiques actuelles, ce documentaire nous permet de croiser les experts du milieu. Scientifiques, guides et alpinistes (Xavier Cailhol, Catherine Larose, Bruno Jourdain, Mylène Bonnefoy…) prolongent, chacun à leur manière, les intuitions de Vallot. Que ce soit pour ses idées de vidange de poche d’eau au glacier de Tête Rousse ou pour celle de la création d’un observatoire Vallot en haute montagne, ce fut un savant.

Chaque année, nous comparons nos mesures aux siennes
pour suivre l’évolution des glaciers

« C’est Vallot qui a commencé à mesurer les mouvements des glaciers, rappelle Luc Moreau, glaciologue, dans le film. En 1890, il avait même observé la déformation du sommet du mont Blanc. C’est le père des mesures en glaciologie. Chaque année, nous comparons nos mesures aux siennes pour suivre l’évolution des glaciers. »

En faisant dialoguer passé et présent, Les lumières de Vallot nous rappelle que la montagne change, fond, s’ébranle, mais continue d’être le théâtre d’inspirations et de sciences. Pour regarder la montagne autrement, l’observer pour la transmettre.