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Cerro Torre : sous les pétales de glace, le mensonge et l’orgueil

Quand Werner Herzog, cinéaste incontournable (Aguirre, la colère de Dieu et Fitzcarraldo), réalise, en 1991, Cerro Torre, le cri de la roche, son œuvre est considérée comme inéluctablement déclinante. La critique ne le suit plus, et ce, d’autant qu’il vient de perdre l’acteur fidèle qui l’accompagna dans nombre de ses grands succès cinématographiques : l’Allemand Klaus Kinski. Et, de fait, lors de sa sortie, Cerro Torre, le cri de la roche essuiera des avis globalement négatifs de la part des médias autorisés. Justifiés ? Pas tout à fait.

Avec Cerro Torre, le cri de la roche, Werner Herzog renoue avec un « genre » qu’il a déjà un peu travaillé, celui du film de montagne, dans lequel le cinéma allemand s’était brillamment illustré pendant les années 1920 et 1930 (malgré, parfois, des motivations plus que douteuses…). Werner Herzog, qui passa son enfance dans un petit village des montagnes de Bavière, s’est toujours dit passionné par l’alpinisme, pratique à laquelle il consacra quelques documentaires, dont le très beau Gasherbrum, la montagne lumineuse (1985), qui s’intéresse à l’expédition pendant laquelle Reinhold Messner et Hans Kammerlander enchaînèrent les ascensions du Gasherbrum I et du Gasherbrum II, dans le Karakoram. Un documentaire étonnant, très loin de ceux qu’on a l’habitude de voir sur les excursions en très haute montagne : ici, l’action est réduite à portion congrue, Werner Herzog préférant aux scènes de cramponnage de longs face-à-face avec les protagonistes, qui exposent, en toute simplicité, les motivations qui les

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