Brucellose chez les bouquetins : « Un tel dossier n’est plus sanitaire, mais politique »

Entretien avec Jean Hars, ancien vétérinaire épidémiologiste à l'ONCFS

La brucellose est une maladie qui touche principalement les ruminants domestiques et sauvages et peut se transmettre à l’Homme. Dans le massif du Bargy (Haute-Savoie), un arrêté préfectoral autorisait le 18 octobre dernier l’abattage de 75 bouquetins afin d’assainir la région de la brucellose. Sous le poids des associations de protection de la nature, l’abattage est stoppé quelques jours plus tard. Rencontre avec Jean Hars, ancien vétérinaire épidémiologiste à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, pour comprendre les enjeux de la brucellose.

Le 18 octobre dernier, Charlie Hebdo publiait un article expliquant que la préfecture de Haute-Savoie avait autorisé (le 15 octobre) l’abattage de 75 bouquetins dans le massif du Bargy (Haute-Savoie) sous la pression des éleveurs et des élus locaux. L’objectif ? Un impératif de santé publique pour “préserver” les populations de bouquetins “en visant l’éradication de la brucellose”, selon la préfecture de la Haute-Savoie.

Le 21 octobre, huit associations de protection de la nature avaient déposé un recours auprès du tribunal administratif de Grenoble pour sauver les 14 bouquetins encore vivants sur une population d’environ 370 bouquetins. En deux jours seulement, 61 des 75 bouquetins prévus avaient été abattus.

Le 29 octobre, on apprenait par la publication twitter de l’association France Nature Environnement (FNE) que le préfet de la Haute-Savoie avait abrogé son arrêté. Les 14 bouquetins épargnés ne seront donc pas abattus. Pour ces associations et pour certains experts, cette opération d’abattage est disproportionnée et contre-productive. Certains vont

Copy link