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Théo Giacometti est de retour du Groenland. Comme prévu, il n’y aura parcouru que quelques kilomètres tout au plus, à pieds autour du Manguier, ancien remorqueur de la Marine Nationale en hivernage sur la banquise. Un mois à flâner pour s’imprégner d’images et de mots ciselés par le froid. Ce reportage, soutenu par Alpine Mag, élargit la rubrique « Horizons », dédiée aux voyages singuliers.

Il est des espaces où le temps n’a pas d’emprise. Où les jours sont la nuit et la nuit le jour. Des îlots fantômes que les rugissements violents des cités pressées n’atteignent pas, freinés par les glaces immortelles. Le carré du Manguier, remorqueur chaleureux posé sur la glace du Groenland dans lequel je termine mon café est l’un de ces endroits. Il est tôt, il fait encore nuit et déjà froid. Le ciel est d’une pureté saisissante, même pour un enfant des Alpes. J’enfile ma parka et pousse la lourde poignée gelée menant vers le reste du monde. J’enjambe le bastingage, descend les quelques marches de l’échelle et pose mes pieds sur la glace. Il fait nuit, sombre et froid. Je suis seul sur la banquise et je m’en vais marcher dans la splendeur. Le soleil est sorti pour la première fois de l’année il y a quelques jours. Ici, cet évènement est une fête. Et pour célébrer le retour de la lumière, le ciel se déguise et s’habille de ses habits de fête. Il passe sans vergogne de l’orange au rose, du turquoise au bleu profond, toujours avec douceur. Il semble s’amuser à associer les plus belles couleurs du monde pour mettre en valeur la terre blanchie par la neige, la glace bleutée et le noir de la mer. En avançant, droit vers la banquise, je m’émerveille de tout, de ma propre géographie. La contemplation est un dialogue entre le coeur et la Terre.

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