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Le 15 août dernier, 20 ans après leur chute en 2001, les Talibans ont repris Kaboul, capitale et plus grande ville de l’Afghanistan. Quelques jours plus tard, les membres du G7 ont lâché quelques mots très politiques, alors que des observateurs pointent leur abandon du pays. Les Talibans empêchent Afghans et ressortissants de fuir, l’EI s’en mêle et les inquiétudes sont vives. Franck Mazas était en expédition en Afghanistan en 2012. Il est l’auteur des Carnets du Wakhan, plongée aux confins d’un autre Afghanistan (2015). Son témoignage est un appel urgent à un soutien international bien réel. 

Kaboul est tombée. Et c’est un mélange de tristesse, d’abattement et de rage qui m’envahit. Kaboul est tombée, et j’ai le sentiment que c’est un peu de ma jeunesse qui s’éteint en même temps que la liberté d’un peuple. Kaboul est tombée comme le dernier grain d’une grappe trop mûre, comme ces pêches et ces abricots que les gamins cueillaient pour venir nous les vendre dans la vallée de la Pianj. Herat, Kandahar, Jalalabad, Mazar-i-Charif : égrenage infernal des grandes villes tombant dans la main des fanatiques, de plus en plus vite, de plus en plus facilement, comme si un requiem devait être joué allegro. Faizabad, Taloqan, Kunduz : le prélude de cette sinistre litanie évoquait pourtant l’itinéraire final d’une expédition hors du commun dans l’Hindu Kush il y a moins de 10 ans.

Car si je ne me crois certainement pas plus perspicace qu’un renseignement américain ayant pourtant failli dans les grandes largeurs, dès mi-juillet une incroyable nouvelle avait rendu l’impensable possible : le corridor du Wakhan était passé sous contrôle taleb.

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