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Walter Cecchinel n’avait pas la patience de tailler des marches dans les couloirs de glace, alors il a imaginé grimper avec deux piolets, crampons en pointes avant. Il ne voulait pas se satisfaire du matériel rudimentaire de l’époque, au début des années 70, alors qu’il pouvait l’améliorer. Trois ans de gestation, deux courses majeures plus tard – le Lagarde-Ségogne en hiver, et la première goulotte au Grand Pilier d’Angle avec Georges Nominé – Walter Cecchinel et Claude Jager réussissent l’ascension du couloir nord des Drus, une première qui a scié absolument tout le monde l’hiver 1973. Et popularisé le piolet-traction, expression que Walter Cecchinel a lui aussi inventée.

Walter Cecchinel n’était pas du genre patient : encordé avec un ténor comme Georges Nominé, ou décordé, en solo dans une face nord, vous n’avez pas le temps de vous ennuyer au relais. Inventeur du piolet-traction moderne, reprenant à son compte une idée qui a germé dans les Highlands écossais, le « Tchick » fait partie des alpinistes compositeurs, et plus encore, des rares qui ont eux-mêmes inventé leurs instruments pour venir à bout de leur partition. Grand Pilier d’Angle, Drus, Cecchinel inventait pour venir à bout des itinéraires les plus retors à l’aube des seventies.

Dans sa maison sur les rives du lac d’Annecy, Walter Cecchinel nous raconte. « Lui faisait le rocher, moi la glace. Avec Georges Nominé, c’est au Grand Pilier d’Angle qu’a germé l’idée du piolet traction. À l’époque il y avait un engin à la mode, un poignard à glace Charlet, emmanché avec une poignée de bâton de ski, comme celui qu’avait utilisé Messner aux Droites.» (…)

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